• LA CRISE DE L'ENSEIGNDIEKT « maître c':s arts» d'Angleterre ou d'Amérique, un docteur même •d'Allemagne, tandis qu'on sait très bien ce qu'est un simple bachelier français. Ce n'est pas grand'chose, je vous l'accorde, mais c'est quelque chose de précis. Mais lisez donc, sur les titres universitaires, les annonces des journaux anglo-saxons, et dites-moi si vous trouvez quelque chose d'analogue en France. Vous le trouverez sans doute, mais on y risque la correctionnelle ou quelque chose de plus fâcheux encore. La vérité est que nos examens universitaires, baccalauréat en première ligne, sont des plus sérieux, des plus universellement apprédés et respectés. Je ne dirai pas que l'Europe nous les e1wie. Mais (attendez un peu) elle pourrait bien nous les emprunter, quand les défauts par trop choquants des leurs seront mieux connus. Je n'arrive pas à comprendre cette ligue contre le baccalauréat - ne retrécissons pas la question, contre les diplômes délivrés par l'État. Ou plutôt je comprends très bien. Si fautifs qu'ils soient, ils offrent, ces diplômes, des garanties de sérieuse préparation, de sincérité que n'offrent pas tous les autres. Cette délivrance des diplômes, c'est un service public. Tranchons le mot : c'est un monopole d'État. C'est donc une sorte de socialisme. Et voilà précisément pourquoi l'on n'en veut pas, dans certaines sphères. Pour les uns, c'est le reste abhorré d'une main-mise de la société laïque et rcvolutionnaire sur les privilèges religieux ou consen·ateurs des corporations; pour les autres, la pierre d'attente d'une instruction vraiment nationale, ce qui est pis encore. Pour nous, les examens publics et d'État ( c'est la uaic définition du baccalauréat, que m'importent les broutilles?) sont la condition de toute instruction sérieuse, suiYie, sincère ; la sanction néces- . saire de tout cours d'étude ouvert aux enfants de la nation tout entière. Et je ne puis m'empêcher de remarquer que nos ligueurs contre le baccalauréat sont ( c'est leur droit) des ligueurs d'autre sorte. Dans ces dernières ligues, la position, politique ou sociale, est nettement prise. C'est le camp de la réaction; c'est, d'un mot, la croisade contre le socialisme (r). Les socialistes ont un ideal d'enseignement. Cet idéal est très vieux. Sans remonter plus haut, c'est le plan d'éducation proposé à l'impératrice de Russie, Catherine, par l'encyclopédiste Diderot; ce sont les rapports de la Convention, surtout celui de Lakanal. Le principe fermement posé par tous, c'est l'unité de la nation, obtenue par l'unité d'enseignement. Je sais que d'illustres penseurs, les Taine, les Renan même, ont vigoureusement ou finement attaqué cette conception centraliste. Actuellement l'école des « enracinés » prêche le re- (1) Un des pamphlets les plus réactionnaires et les plus pauvres de F. Bastiat est déjà intitule Baccala11réadt Socialisme. ' \
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