204 LA REVUE SOCIALISTE tour à la décentralisation de l'enseignement, à la dissémination des énergies scientifiques et philosophiques, à la désagrégation des esprits, à la dissolution mentale. Si la science, et la dissémination de la science, c'est-à-dire l'enseignement, n'a pas de patrie, à plus forte raison n'a-t-elle pas de provinces, et moins encore de castes et de chapelles. L'enseignement est catholique, au sens large du mot. Il est socialiste. Socialisme d'État, je le veux bien. Mais contentons-nous de celui-là en attendant l'autre, le socialisme intégral, comme on l'appelle trés justement. La diYersité des intelligences, la Yariété des milieux sociaux que chacun peut rencontrer, mais c'est affaire à la vie de mettre en relief l'une et de Yous placer, au petit bonheur, dans les autres. Les hasards sont prodigieux; la prévision ici est inutile. Aurai-je besoin plus tard d'allemand ou de chinois, puis-je le savoir? Un service public est fait pour réaliser l'unité. Il est fait pour une moyenne. Les exceptions lui échappent. Des types divers d'enseignement? Pour des enfants dont l'avenir est inconnu, quelle plaisanterie ! S'il s'agit d'enfants, répétons-le, ou de jeunes hommes, encore en dehors des luttes de la vie, c'est illogique, c'est absurde de leur donner un enseignement « spécial ll, à moins qu'on ne veuille les parquer dans une caste. Nous avons un systcrne d'instruction publique que la Convention nous a légué. Il n'est ni anglais, ni allemand, ni russe; il est français, on fait ce qu'on peut. Ne le dérangeons pas sans nécessité. Il est tres vivant. Il repose sur deux bases solides : un cours scrieux de sciences mathématiques, physiques (les sciences naturelles sont faites pins tard pour les spécialistes), - une étude constante de la langue nationale (les langues étrangeres, mortes ou Yivantes, ne viennent qu'a prés pour les spécialistes dans leur genre). Le programme de l'enseignement secondaire, unifié, se résume en deux mots : des mathe.matiques et du français. Le reste Yiendra de soi. Est-ce que les plus grands naturalistes et les meilleurs éducateurs aussi (les Paul Bert, les Huxley, pour ne citer qu'eux) n'ont pas repétl'.: : Donnez-nous des jeunes gens ayant une bonne instruction mathématique élémentaire et, s'ils ont le goût, nous aurons d'excellents naturalistes. Est-ce que les plus grands linguistes, bons éducateurs· aussi, n'ont pas redit : Que les jeunes gens sachent leur langue. Au cours des besoins ils apprendront les autres langues, mortes ou vivantes, il n'importe. Ce qui n'empêchera ni les uns ni les autres d'être de bons industriels et de bons commerçants, s'ils ont de l'argent. Car il faut de l'argent. Et c'est ce dont l'instruction publique n'a pas à s'occuper. Cela Yient, ou ne vient pas, plus tard. On crie à nos enfants : Ne soyez plus de végétatifs et pauvres fonctionnaires, mais d'actifs et riches industriels, commerçants ou colons. Enrichissez-
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