La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

202 LA REVL'E SOCIALISTE un cours raisonné de sciences, il n'y a pas d'instruction solide; et que sans une discipline linguistique qui permette de se mouvoir, à peu près, à travers les principales langues européennes, toute étude spéciale d'une langue, morte ou vinnte, il n'importe, grec, latin, allemand, anglais, russe, italien, est stérile. C'est affaire de convenance rndividuelle ou sociale, ou même de hasarJ. Je ne parle pas du snobisme obligé. L'instruction publique n'a rien à faire là. La question des langues peut donc être réglée rapidement; il n'y a pas d'instruction à base de langues, que la langue soit morte ou vivante, grecque, latine, allemande, anglaise, arabe ou annamite même, si l'on veut. Les langues sont des instruments. Il est vraiment déconcertant de Yoir qu'on en fait le principal de l'enseignement. Supprimez-les toutes, sauf la nationale, si bon vous semble. La question du choix, ô pédagogues, se résoudra sans vous ( c'est une question de convenance sociale): celui qui a l'ambition d'être évêque saura cc qu'il faut de latin, et de grec, ou même d'hébreu, n'en doutez pas; de même pour l'aspirant aYocat ou médecin. De la même façon l'aspirant aux grades élevés de l'armée, de la marine, des services techniques, dcjà pourrn d'une forte instruction de mathématiques élémentaire,, saura ce qu'il faut de mathématiques supérieures. Et n'ayez crainte, le voyageur, le colon, le commerçant, le simple balayeur de boutique, le modeste garçon d'hôtel, tous enfin sauront ce qui leur est nécessaire d'allemand, d'anglais, et du reste. On sait toujours ce qui est absolument indispensable pour vivre. II Des gens sérieux (je p.rends au sérieux tous ceux qui se prennent au sérieux eux-mêmes) ont fait ces derniers temps de la question du baccalauréat une question nationale. Le baccalauréat serait le chancre de l'instruction française. Les Allemands et les Anglo-Saxons, qui en sont indemnes, sont mieux instruits que nous ( c'est à se demander si ces gens les ont vus). Supprimons les baccalauréats, les licences, les doctorats, les agrégations et remplaçons-les par des « pierres de touche » des examens empruntées à l'Allemagne et à l'Angleterre. Ce n'est pas assez d'être vaincus, faut-il encore être copistes? et mauvais copistes? Mais, vous sanz bien, infatigables Yoyageurs, ce que savent ceux qui n'ont jamais battu que le pavé de Paris : que les titres français (puisqu'il s'agit de titres) sont très recherchés par ces mêmes Allemands et Anglo-Saxons, quand ils ont à rouler à traYers le monde de l'enseignement. Pourquoi? Parce qu'on ne sait Lamais ce qu'est un

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