LE CONGRÈS SOCIALISTE DE STUTTGART le militarisme au plus haut degré de dhcloppement; partout une bureaucratie, qui régne en maitresse absolue non seulement dans les États monarchiques, mais aussi en France. ous aYons en outre sur le continent européen l'influence prépondérante de la grande propriété fonciére; la bourgeoisie se courbe sous la domination du sabre, elle a cessé d'être une puissance dcmocratique. Ici, chez nous, il n'y a qu'une puissance démocratique, c'est le prolétariat. Nous pouYons peutêtre encore utiliser les restes démocratiques du temps de la jeunesse de la bourgeoisie; mais que la bourgeoisie ait la possibilité de conquérir de nouveaux droits démocratiques, c'est cc qui est inconceYable; cela n'est possible que par le prolétariat lui-même. Si Bernstein pense qu'il faut que nous ayons d'abord la démocratie, pour conduire ensuite pas à pas le prolétariat à la victoire, je déclare que les choses ne peuvent se passer chez 11ous que dans l'ordre inverse, que la victoire de la démocratie a pour condition chez nous la victoire du prolétari:it. ous ne pouvons absolument pas arriver à la vraie democratic sans le prolétariat. Je reconnais que nous ayons là une tâche trcs difficile, car le proletariat ne peut pas s:ins la démocratie atteindre à son plein dévc- •1oppcment' intellectuel. Je reconnais que la route que suit le prolctariat anglais est meilleure, réclame moins de sacrifices, et que nous devons souhaiter de pouYoir sui\'re le même chemin; mais la marche de l'histoire est detcrmin.ée non par de pieux souhaits, mais par les faits, et ceux-ci nous disent que la route des Anglais est impraticable pour nous, que la victoire de la démocratie ne peut résulter que de la victoire du prolctariat. « Croit-on que cette Yictoire soit possible sans catastrophe? Je le souhaite ... mais je ne le crois pas .... Nous Yoyons partout en Europe de grandes catastrophes qui se preparent. L'Autriche n'est-clic pas à la Yeille d'une catastrophe ? L'Italie, l'Espagne, à la veille de catastrophes sanglantes? La France ne s'apprête-t-clle pas à une lourde lutte ·entre la liberté ciYile d'une part, le militarisme et le cléricalisme de l'autre? Et de quoi parlc-t-on en Allemagne? Park-t-on peut-être d'extension des droits du peuple, d'extension du droit de coalition? Non, on parle de coup d'État, de suppression du droit electoral, de maison de force. Telles sont les perspectives que l'on nous oune, et avec ces perspectiYcs quc nous propose Bernstein il est impossible de songer au chemin. Si Bernstein était au milieu de nous, il serait le premier à le condamner, cela est ma ferme conviction.... Aussi continuerons-nous à combattre comme la situation réelle l'exige chez nous et i'ex.ige de nous, et, dans ce combat, nous vaincrons! » Lorsque Kautsky monta à la tribune, l'assemblée venait d'entendre une longue déclaration de Bernstein, dont Bebel ayait donné lecture.
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