200 LA REVUE SOCIALISTE Et, Jans ce cas même, c'est aux pouvoirs publics d'aviser. L'État engage une partie; c'est lui qui le <lit. li rend des pièces, donne des atouts au partenaire. li perd. Que ne changc-t-il <le méthode? C'est le monopole uni\'ersitairc alors? Parlaitcmcnt. L'État n'a-t-il pas le monopole de la Défense nationale, de la Justice, sans parler de~ tabacs, des allumettes, des poudres, bientôt, cspcron.s-lc, des alcools et des sucres? L'État n'est pas désarmé. Il se désarme lui-même, et se plaint ensuite d'être battu. Sur le second point, la question morale, rien à dire qui n'ait été cent fois dit. C'est affaire d'expérience personnelle, et la discussion dans le \'ide est impossible. Que répondre à qui vous objecte: Mon fils est corrompu dans l'internat universitaire, il ne l'est pas dans l'autre. Ouvrez un peu mieux les yeux, répondrai-je. Que riposter à qui prétend : Il n'y a pas de lien de sympathie entre les collégiens et leurs maitres, cc lien est fort <l.111lses autres établissements. Informezvous et ne Yous fiez pas aux apparences. - Pour l'inst.ibilitè des méthodes d'enseignement scientifique, p0hilosophiquc, moral, c'est vrai. Mais cette recherche, même inquiète, <lu mieux (oü les traditions restent pourtant si respectées) yaut-clle plus ou moins 9u\111 enseignement plus fixé, plus strictement traditionnel et qui emboite d'ailleurs le pas, à l'enseignement uniYersitaire quand l'intén;t est manifeste? C'est aux intéressés à répondre. La question vraiment supérieure (science et morale indépendantes) reste en dehors de la pédagogie. C'est la querelle de M. Berthelot et de M. Brunetière, de Sully-Prudhomme et de François Coppée; c'était naguère celle de Littré et de monseigneur Dupanloup, anciennement celle de Diderot, Voltaire, et de M. de Beaumont. C'est la lutte séculaire entre deux esprits qui ne sont pas prés de s'accorder. On doit passer sur ces grandes questions. Elles sont du ressort de la politique générale. Les débats.sur l'enseignement proprement dit sont plus modestes : il y a surtout deux points : r) l'enseignement classique et l'enseignement moderne (la question des langues vi\'antcs ), 2) le baccalauréat et le régime des examens. On peut les examiner au point de vue socialiste, car il est une façon socialiste de traiter même les men us détails. Sur l'enseignement classique et l'enseignement moderne, les consultations ne manquent pas. Des livres très remarquables ont paru, ces \'ingt dernières années. C'est tout une bibliothéque. Mais ce qu'on réclame, dans une enquête, cc ne sont pas d'érudites dissertations ou
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