La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

JL'IFS DE RUSSIE 19 3 tsars, quels droits restent acquis aux Juifs? Ces derniers ont-ils la possibilité de devenir des forces agissantes de par les lois et au nom des lois? Six millions d'êtres, contribuant dans une large part a nourrir et entretenir le Trésor, se voient repoussés de toutes les fonctions de l'État. Ni dans l'armée, ni dans les administrations civiles, ils ne peuvent prétendre à quelque chose. Les conscrits israélites sont soumis à un conseil de révision plus sévère que celui passé par leurs camarades de religion orthodoxe. Une fois a la caserne, ils demeurent le type du soldat corvéable a merci, parce que simple soldat de dernicre classe jusqu'à la fin de son enrôlement. Le seul grade, que la générosité militariste leur concède, est celui de caporal. Le caporalat, voilà le bàton de maréchal des Juifs dans l'armée russe. Cependant - il y a un cependant, - sous Alexandre Il, les Juifs furent plus favorisés du côté du sabre. Deux Israélites devinrent officiers : deux ! pas plus, pas moins ! Et depuis cet événement, la conquête des grades et des galons par les circoncis a été arrêtée. La politique du tsar actuel ne semble pas devoir la laisser reprendre. Ajoutons encore un curieux détail: les Juifs sont exclus des régiments d'artillerie. Année et police se tiennent : l'ostracisme continue a frapper les fils d'Israël jusque dans les services de la sùreté. Gardiens <le la paix, simples agents, ne doivent avoir rien de commun ayec la race juive. C'est plutôt honorable pour cette dernière. La législation économique soumet les Juifs a une réglementation aussi draconienne que la loi militaire et la loi sur l'instruction publique, examinées précédemment. Sans doute, les Juifs ont la liberté de faire choix d'un métier : tailleur, cordonnier, etc., mais ils ne peuvent remplir aucune fonction commerciale soumise au contrôle de l'État. Ce qu'il y a de remarquable, en cette matière, c'est la véritable division en classes, créée par la loi, et qui partage les commerçants juifs, en commerçants de premicre, de seconde ou de dernière catégorie, selon l'impôt payé au budget de l'empire. Ici apparaît la force du capitalisme, par dessus toutes les querelles de race et de religio"n. Tandis que les marchands ou les commerçants des classes inférieures, c'est-à-dire de moindre contribution, sont rejetés dans la masse des Juifs vis-à-vis de la loi et qu'ils n'ont pas plus de droits que le premier venu des circoncis, les autres, ceux de première classe, ont toute liberté. Pour la résidence, ils sont assimilés aux médecins, avocats, etc., qui choisissent à leur gré telle ville pour y exercer leur profession, dans n'importe quelle province de la IJ I / ...

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==