LA REVUE SOCIALISTE auxquelles s'attache une grande considération dans la bourgeoisie russe, ne peuvent être données, depuis Alexandre III, à aucun médecin juif. Si l'on rencontre encore quelques docteurs israélites, investis de ces attributions - et, pour notre part, nous en savons plusieurs dans le gouvernement de Cherson, notamment à Wosnesensk et Odessa - c'est que leur nomination date du régne d'Alexandre II. Du côté de la magistrature, les portes sont tout aussi hermétiquement closes à l'élément juif. Les gids n'ont le droit de prétendre, ni a la simple justice <lepaix, ni au lucratif notariat. Quant a la profession d'avocat, elle leur est rendue de plus en plus difficile par toutes sortes de formalités qui les empêchent d'obtenir le diplôme correspondant à notre doctorat en droit. Si les hommes et les jeunes gens, de religion juive, se voient ainsi réduits à étudier et i travailler sans qu'aucune carriére s'ouvre librement devant eux, y a-t-il, du moins, pour les jeunes filles de cette religion, des garanties égales à celles de leurs camarades, jeunes filles orthodoxes? Oui, les mêmes libertés sont accordées aux étudiantes des deux cultes différents pour cc qui regarde les cours et les leçons, les moyens de s'instruire et de conquérir les grades unive~sitaircs, mais, à la fin, ce sont des apparences de liberté, des mensonges d'égalité. On oune bien fa route aux deux catégories d'étudiantes; seulement pour les jeunes filles juives, c'est une route sans issue. Le gouvernement russe n'accorde aucune place, aucune fonction rétribuée et permettant de viYrc honorablement, à ces jeunes filles devenues médecins, professeurs, etc. On peut appeler cette politique, sans crainte d'être taxé d'exagération, la création systématique, par l'État lui-même, d'un prolétariat féminin intellectuel. Telle est, bricvemerit exposée, la situation des Juifs en Russie, dans le domaine de l'instruction publique et officielle. On voit, à présent, combien est cruellement ironique la loi qui donne le droit aux Israélites, sortis, avec succcs, des écoles du gouvernement, d'clire domicile ot'.1bon leur semble, en Russie. Comment sortiraient-ils de ces écoles, puisqu'il leur est interdit d'y pénétrer? II Ainsi, les Juifs n'ont rien à attendre des bénéfic~s que procure l'instruction, dans tous les pays, à ceux qui l'ont reçue. En est-il de même pour les autres branches de l'activité humaine ? Dans les différents et multiples rouages de l'organisation sociale de l'empire des
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