La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

THÉORIE Dli PROFIT ET DE LA PRODUCTION CAPITALISTE 17 3 même qu'une consc.:quence du milieu industriel. Ainsi le propulseur premier de tous les processus d'élévation de l'ouvrier est, en dernière analyse, l'avènement de la grande industrie. Ces vues sympathiques à la grande industrie conduisent l'auteur :i donner une explication, qui :i beaucoup de marxistes paraitra peu acceptable, du fait que le prolétariat anglais a pu conqucrir une position cconomique si supérieure à celle de toutes les autres classes ouvrières d'Europe. Ce résultat ne doit pas être attribué à un prétendu et mystérieux monopole de l'Angleterre en face des autres nations du continent, mais au fait que l'Angleterre accorde à ses ouvriers des salaires particulièrement élevés, dispose d'une classe ouvrière qui a tout ce qu'il faut pour permettre un rapide et progressif dheloppement de l'industrie moderne : l'intelligence, l'éducation technique et surtout cette mobilité psychique qui est la condition nécessaire de toute prompte transformation sociale. Ces idées données, il est possible de conceYoir sur les destinées de la classe ouvrière dans une économie sociale waiment capitaliste un réconfortant optimisme. Les efforts que la classe ouvrière dépense pour améliorer son propre sort ne trouYent pas dans un intérêt immuable des capitalistes l'obstacle immédiat et définitif prévu par Marx; au contraire le capitaliste peut, pendant une longue période de temps, se convertir en un propulseur du progrès cconomique, ouvrir par conséquent des voies nouvelles aux intérêts de ses antiques adversaires et developper librement ses bienfaisantes conséquences. Certes un jour doit venir où la classe ouvrière, dans sa lente mais continuelle ascension, exigera un tel clèYement économique qu'il ne pourra plus être compensé par une augmentation ultérieure de sa productivité et qu'il ne pourra plus en conséquence se concilier avec les intérêts des capitalistes. Ce pas franchi, la lutte spécialement économique, n'étant plus favorisée par le developpement organique de la production, devra éclater entre les mains de la classe ouvrière comme un vieux jouet hors d'usage. Mais entre temps l'augmentation de bien-être obtenue par l'ouvrier avec la lutte economique lui aura permis de perfectionner ses propres facultés mentales ù tel point qu'il pourra assumer la direction politique sociale de la societé future. « L'ouvrier envoie ses représentants discuter et légiférer aux conseils municipaux et aux Parlements contre les représentants de la classe adYerse. Il t:ntre dans le conseil d'administration de l'usine à laquelle il est attaché; là il délibère aYec le patron, ensemble, sur les augmentations ou les diminutions de salaire requises par les vicissitudes du marché. Il devient, en somme, un membre solidaire de la société, un coopérateur volontaire de la production. Il s'occupe ainsi

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