LA REVUE SOCIALISTE produit <lu tra\·ail augmente. Et ces considérations théoriques de Graziadei sur les tendances du capitalisme sont renforcées <l'une étude vraiment brillante et suggestive sur « l'éYolution de la grande industrie ». C'est 11démonstration la plus claire et la plus éclatante des bienfaits rendus par la grande industrie à la classe ouYrière. « C'est seulement la grande industrie qui, disposant de capitaux énormes, peut créer, dans son enceinte, cette largesse princière de « moyens » qui est indispensable à tout systéme de production plus évolutive et par conséquent moins féroce. La grande industrie peut se contenter d'un profit qui, pour être moindre sur la même quantité de capitaux, acquiert par la plus grande masse du capital comph'.:tement engagé des dimensions absolues plus grandes. La grande industrie, munie d'amples réserYes, débarrassée de l'énorme poids mort de son capital ordinaire, peut maintenir interrompu le 1-ythme de son œuvre m.êmc dans les temps de crises et distribuer ensuite également sur de longs exercices les pertes passagères. La grande industrie implique les grands ateliers. Et les grands ateliers et magasins ne YOntplus sans locaux amples, aérés, hygiéniques, séparation des hommes et des femmes, absence de contact des ouwiers avec la maticre premicre qui n'est pas strictement requise pour la production. Ils garantissent en somme ~ux fonctions humaines du travail un milieu décent et digne d'un citoyen. Les machines, manifestation caractéristique de la grande industrie, tendent à abolir les traYaux les plus brutaux et à alléger les autres. Un ouvrier quï'traYaillc même le même nombre d'heures qu'ayant, avec la machine, par le seul fait que son occupation est deYenue moins abrutissante et exige un effort matériel moindre, se trouve en état d'obtenir, presque automatiquement, un plus grand développement <leses propres facultés psychiques.» Les machines rendent possible le travail intense. Et le travail intense, une des créations les plus originales des pays ou la grande industrie est trés développée, permet au travailleur d'élever ses propres facultés, en diminuant les heures destinées au traYail et en accroissant celles qui sont destinées à la participation à la Yie sociale. Il excite le développement de son attention; il rend nécessaire l'acquisition de connaissances techniques et mécaniques. La grande industrie présente donc, en face de toutes les autres formes économiques, une immense supériorité sociale. Et l'ouwier peut en consc':quencc atteindre un développement psychique tel qu'auparavan~ aucun autre ordre économique ne l'avait accordé. Ce plus grand dc':Yeloppcmentpsychique élève la Yaleur de l'ouvrier ; d'ou l'accroissement de son salaire. Il l'incite à s'organiser pour la défense de ses propres intérêts économiques, organisation facilitée du reste par l'accumulation de masses énormes d'ouvriers dans l'enceinte des grands ateliers. L'organisation de la classe ouvrière n'est elle-
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