r66 LA RE\"UE SOCIALISTE Yions analyser le profit hors de l'enceinte de l'analyse de la Yaleur, nous obtiendrions des résultats qui paraitront nais indépendamment de toute considération rclatiYe ù Ja thcorie de la Yaleur. Pour comprendre l'existence du profit dériYant du sur-traYail, nous aYons en fait besoin de saYoir quelle Yaleur possédcnt les produits. Le sur-travail résulte de la différence entre le traYail total et le travail nécessaire. Or l'essence, l'entité de cc dernier dépend de deux éléments en réalité étrangers au traYail. D'un coté, nous devons savoir quelle partie du produit complexe touche Je traYailleur; et sa proportion dépend de la plus grande ou plus petite prepondérancc de ]a classe capitaliste sur Ja classe prolétarienne. D'un autre coté, nous de,"ons déterminer quel temps se trouYe produire le salaire; et ce temps peut être connu par une simple obserYation chronologique sur le processus de la production. Une fois ainsi constaté quel est Je temps nécessaire, le temps qui reste sur le travail total est k sur-travail. 11ais si le profit dérive du sur-travail (et cette démonstration basée sur des prcuYes historiques multiples est, suiYant l'auteur, le mérite principal de l\Iarx), il consiste alors dans les produits du sur-traYail. Cela semble une différence verbale et tout à fait hors de place. Pas du tout. SuiYant l'école classique socialiste k profit consiste dans le sur-traYail et dépend de l'intensité et de Ja durée du traYail extorqué par Je capitaliste. D'où la tendance, chez les caudataires de Marx, à concc,·oir l'économie sociale comme orientée dans le sens d'augmenter le sur-travail au détriment du travailleur, de prolonger la durée de la journée de traYail, d'en augmenter l'intensité, et ainsi du reste. Et c'était là une déduction nécessaire et logique de la théorie de Marx. De même qu'en fait le profit consiste dans le sur-travail et que c'est l'intérêt des capitalistes d'augmenter leurs propres profits, ainsi c'est leur intérêt d'augmenter autant que possible Je sur-travail qui crée le profit au détri111ent du tranil nécessaire qui crée le salaire. D'où la tendance, dans l'économie capitaliste, a augmenter les heures de tranil et a diminuer les salaires, tendance qui jaillit de mille pages des ouvrages de Marx. En réalité, au contraire, l'économie capitaliste nous fait assister a un spectacle diamétralement opposé: les salaires augmentent progressivement et en même temps diminue la durée du traYail journalier. Cette affirmation est longuement documentée par l'auteur, aYec des preuves statistiques et des témoignages autorisés tirés des pays les plus divers et les plus éloignes les uns des autres. Ceux qui ne croient pas encore à la tendance vers l'amelioration des classes tradilleuses sous la triple influence de l'augmentation du salaire en nionnaie, de la diminution des prix des choses necessaires à la Yie et des heures de tra-
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