La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

130 LA RE\'UE SOCIALISTE faibles des familles fournissent une limite à laquelle on peut s'arrêter. Lorsqu'on distribue les secours à domicile, ces secours sont employés au menagc, et pour satisfaire les besoins d'un mcnage de paysans ruine, il est impossible de dccider cc qui est et ce qui n'est pas indispensable : sont indispensables et le cheval, et la vache, et les moyens de dégager une pelisse, et de payer les impôts, et les semences et les constructions. De sorte qu'en distribuant les secours à domicile on est obligé soit de le faire arbitrairement, au hasard, soit de diviser en parties égales, sans aucune distinction. C'est pourquoi j'ai décidé de distribuer les secours comme je l'ai fait en 1889-1892, c'est-à-dire sous forme de réfectoires. Pour arriYcr à déterminer quelles ctaient les familles les plus nccessiteuses, et, dans chacune d'elles, le nombre des personnes admises aux réfectoires, je me guidais, comme autrefois, sur les données suiYantes: r) la quantité de bétail, 2) le nombre de lots, 3) le nombre des membres de la famille partis pour chercher du travail, 4) le nombre de « mangeurs » et s) les catastrophes exceptionnelles qui avaient atteint les familles : l'incendie, la maladie des membres de la famille, la mort <l'un cheval, etc. Le premier Yillage que j'ai Yisité fut Spasskoïe, village que je connaissais bien et qui avait appartenu à Ivan SergueïeYitch Tourgueneff. Après avoir interrogé le staroste et ks anciens sur la situation des paysans de ce village, j'ai Yu que cette situation était loin d'être aussi mauvaise que celle des paysans parmi lesquels nous avions organisé les rUectoires en 1891. Tous les mcnages possédaient des cheYaux, des vaches, des brebis, tous a\'aicnt des pommes de terre et les maisons n'ctaient pas ruinées, de sorte qu'en jugeant d'après la situation des paysans de Spasskoïe, je me suis demandé si les bruits sur la misère de cette année n'étaient pas exagérés. Mais les visites faite~ dans le village suivant, Malaïa GoubarioYka, et dans les autres endroits qu'on m'a dit être très pauvres m'ont convaincu que Spasskoïe se trouvait dans des conditions exceptionnellement heureuses, grâce à la fertilité de ses lots et à la bonne récolte accidentelle de l'année dernière. C'est ainsi que dans le premier Yillage que nous aYons Yisité (Malaïa Goubariovka) il y avait quatre vaches et deux chevaux pour dix. familles ; deux. familles ne vivaient qu'en mendiant et la misère de tous les habitants était effrayante. Les villages : Bolchaïa Goubariovka, Matznevo, RotassoYo, Tchapkino, Konkoncirka, Gouchtchino, Khmelinki, Chelamowo, Lopatino, Sidorovo, Mikhaïlov Brod, Bobrik, les deux Kamenka sont dans une situation identique, bien qu'un peu meilleure cependant. -

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==