JI6 LA RE\TE SOCIALISTE d'en restreindre l'application et déjà une proposition en ce sens a été faite au Senat. C'est exactement comme si les ingt'.:nieurs de la Ville ,oulaicnt retrécir ou boucher L1 rue de Ri\'oli sous prétexte qu'elle est trop frequentée. Ce pays, catholique, a mis des siccles à s'émanciper de l'J~glise et à s'apercernir que deux époux brouillés sans remède avaient le droit de devenir définitivement étrangers l'un à l'autre et que chacun d'eux ctait le maitre de s'unir légalement;\ une autre personne si bon lui semblait. Cette solution, que le pape n'.:- prouYe, est trop simple. li est bien vrai que le problème se complique lorsqu'il y a un enfant dans le ménage, et c'est le cas qu'a examiné M. Brieux. Mais l'exemple choisi par lui ne prouve absolument rien. Le voici. Un reune ménage est he1.ircux. Le mari aime sa femme et la femme son . mari. La naissance d'un enfant a parfait leur félicité. Soudain, par suite de je ne sais quelles circonstances, soit entrainement, réminiscence ou besoin d'émancipation, le mari trompe sa femme. Celle-ci, sans cesser de chérir l'infidéle, le quitte sous le coup de la colcre et divorce. Un dcsir de protection la fait se remarier aYcc un fort brave homme pour qui elle a de l'estime, mais rien de plus. Dans cette nou\'elleunion, qui ne satisfait point son cœur, elle souffre, elle s'ennuie, elle regrette l'ancienne, lorsqu'un événement la rapproche de son premier màri : l'enfant tombe malade; voici le père et la mére auprès du berceau, et ainsi rassemblés par hasard, et forcés de s'avouer que lui un inconstant et elle irritée, ils n'ont jamais cessé de s'aimer et qu'ils auraient bien mieux fait de rester ensemble. Sur quoi elle maudit la loi, la mauvaise loi qui l'a tentée et lui a permis de se remarier et d'élargir ainsi le fossé déjà creusé entre elle et le Yéritable aimé. Tout cela est ennuyeux à la scène à cause des longues tirades, et puis c'est faux comme théorie. Il existe en vérité une loi excellente qui permet de divorcer, mais il n'en existe aucune qui force les gens à se remarier. La loi n'impose pas une obligation, elle donne seulement une faculté dont personne n'est contraint d'user. La dame en question est donc mal venue à se plaindre qu'on lui ait ouvert une porte par laquelle elle était parfaitement libre de ne point passer. D'autre part, l'auteur n'a pas pris garde que dans sa fable, les choses auraient pu se passer exactement comme il les montre, même s'il n'y avait pas eu d'enfant. Les deux êtres qui s'aiment sont avertis que cet amour ne faisait que sommeiller, parce qu'un incident les rapproche. Mais il n'était pas nécessaire que cet incident fût la maladie du bébé. Dans l'état de leur cœur tout leur serait étincelle. Une simple rencontre en omnibus aurait suffi. Dans le Berceau, une chose est parfaitement superflue, c'est le berceau. Cc n'est pas qu'il n'y ait une pièce émouvante à écrire sur ce
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