La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

CIIRO:S:IQLï~ Tlll~ATRAI E li 5 furie des paris. Le-jeu est partout; il domine nos mœurs, il tronc dans nos lois. Sans lui et les profits que l'État en retire, nous n'aurions plus ni bons cheYaux pour la remonte de l'armée, ni certains établis~cmcnts de bienfaisance, hospices ou hôpitaux, qui subsistent gdcc aux bénéfices du pari mutuel. Le jeu, sous toutes ses formes, est donc plus qu'un vice ruineux pour les uns, fructueux pour les autres, dépravant pour tous; c'est une base fondamentale Je notre société. On pouvait espérer que[\[. Brieux allait étudier cette question, sinon Jans son ensemble, du moins dans quelques-unes de ses parties, et que nous connaitrions l'opinion motivée de l'auteur sur la funeste habitude des courses. Le sujet préoccupe les esprits. M. \'eyrin l'a examiné dans une œuvrc récente, Aux Co11n1•s, que je ,.1'aipu voir et qui malheureusement n'a pas été imprimée.!\!. Brieux a lait semblant de l't:xposer. Son ouvrage est une historiette où l'on voit un bra\ï~ounier, qui, entrainé parla passion des courses, perd son argent, celui de sa famille et celui de son patron, tombe de chute en chute et n'éYitc la prison que gdce ù la pitié de celui qu'il a lésc. Conclusion: ne jouez pas; ne vous laissez pas aller à la tentation; le jour de paie rapportez sage1rn:nt l'argent à la ménagére. A mer\'eille. C'est U un gentil petit conte de la morale en actions; on pourrait dire également: défiez-\'ous des mauvaises relations, ne fréquentez pas les cabarets, ne manquez pas d'aller n':guliércment à l'atelier, redoutez les filles Je carrefour il y a une série de conseils semblables nais depuis i\Iathusalem. qu'il est sain de rappeler. l'llais ces prédications n'ont rien de particulier à la société actuelle et ne sauraient fournir une donnée originale. l'i!. Brieux nous déclare qu'il est sage de ne pas jouer aux courses; parbleu! nous nous en doutions. J\Iais en le quittant nous ne savons pas cc qu'il pense des courses comme institution. li <lità l'ouvrier: n'y allez pas; mais il ne dit pas au gouvernement: fermez vos champs, n'attirez plus les joueurs et arrangez-vous pour ne pas bénéficier d'un vice que ,·ous encouragez et que ,·ous a,·cz intérêt à développer. Nous avions pourtant bien le droit de savoir si ce sentiment est au fond du cœur de l'auteur. La picce serait tout à fait terne s'il ne s'y trouvait un ta• bleau fort animé, celui d'un commissariat de police par une matinée d'hiver lorsque les vagabonds coupables seulement de pauvreté défilent devant le magistrat pour lui demander un asile: un asile! il n'y en a guère d'autre que la .prison, le dépàt. Une cellule ou la belle étoile, la société laisse ce choix à de pauvres diables qui ont travaillé quarante ans. Indécis dans Rémllat des courses, M. Brieux a pris nettement parti dans le Berceau: lorsqu'un mariage a été fécond, il le veut indissoluble. Un vent souffle contre le divorce. On en abuse, disent les réactionnaires, qui voient que, par la pratique d'une loi humaine, la foule arrive doucement à l'union libre. Aussi certains demandent-ils '

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