La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

114 LA RE\'CE SOCIALISTE CHRONIQUE THÉATRALE TI-IL:ATRE ANTOIJ\E : RJrn//al des courses, pii:ce en cinq actes de M. BRIEUX. - COi\!ÉDIE FRA::--:Ç,\ISE : Le Berreau, pièce en trois actes de M. BRIEUX. ODfON : La Rei11e Fit1111111ellr, conte dr.1111atique en cinq actes, en \'ers, de 1'f. CATULLE /IIE:-10Ès. ~l. Brieux s'essaie volontiers dans ses picccs a traiter des sujets d'intérêt social : noble souci, car on ne peut pas toujours ecrirc des Yaudcvilles creux et insignifiants. Mais quel dommage que le but visé ne soit pas atteint! Ou bien M. Brieux se contente d'exposer les questions sans les résoudre comme il a fait a\'CC lesBieufaile11rs a propos du probllrne de la charité; ou bien, s'il hasarde une conclusion, il Lt yeut réactionnaire. Cc fut le cas pour l'Evasio11, oü il plaide contre la science. Je lui YOisune grande boutique illuminée de la belle enseigne Q11eslio1s1osciales et qui renferme deux guignols; l'un est tout de fantasm;igorie : de gentilles nrnrionnettes s'y agitent et parlent beaucoup s;ins que personne puisse dire exactement ù quoi tend leur discours. L'autre guignol, qui est graYe et oü s'affirment les idées du consen·ateur, con\'ient, naturellement, a la Comédie française, théàtre bourgeois par excellence. Cette fois les deux guignols Yienncnt de s'ounir en même temps. Résul!al des courses a l'air de vouloir étudier le problcme du jeu. Grosse affaire! Il y a un Yice affreux qui ronge les sociétés. Les hommes ne se contentent pas de subir la fatalité qui les rend inégaux par l'intelligence et la santé. Loin de tenter de corriger cette injustice ils exigent au contraire· que la Yie soit une immense roulette. Aux inegalités naturelles, ils ajoutent de par la loi la loterie de l'héritage qui fait les enfants riches ou pauwes dés le jour de leur naissance : c'est l'institution du jeu dans les langes. Bien plus, las de demander ungain légitime a un travail, ilest waitropsouYcnt stérile, ils aiment à risquer ce qu'ils posscdent dans l'espoir d'obtenir soudain, sans effort, une grosse somme. Point de peine et gain considérable, voila cc qui les tente et Yoilà pr~cisement cc qui est immoraL Il va sans dire que c'est à quoi nul ne prend garde. Le gouYerncrncnt, il y a une soixantaine d'ann<'.:es,a fait fermer les maisons de jeu; mais il s'est empressé de tolerer les cartes et le~pctits chevaux dans les cercles et les villes d'eaux. Ces sentines ne suffisaient pas. On y ajouta les courses· avec toute la

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