LA QUESTJON Jlï\"E 95 sans le concours ar<lént de la Droite, qui l'exigea de l:i République plutôt qu'elle ne le subit. C'est elle, également, qui a Yoté le monopole de la Banque, en refusant d'inscrire formellement au contrat les résen·e~ nécessaires à la défense nationale. Enfin, la Droite a soutenu ou sanctionné toutes les mesures favorables à la finance juive ou chrétienne, sans distinction de culte ni de race. ?\lais la classe que le parti réactionnaire représente au Parlement est dechue de toute vertu sociale, au point de ne pouvoir même pr,1tiquer la solidarité des intérêts qu'obscurcit l'âpreté des con,·oitises individuelles. Tandis que ses députés étendaient et consolidaient les privih:ges d'ordre financier et industriel dont ils tiraient, pour eux ou la clientele marronne qui les entourait et les poussait, des avantages point a dédaigner (les compagnies <l'assurance, les chemins de fer, les canaux et autres entreprises leur ont fait longtemps une large place dans les conseils d'administration et l'attribution des valeurs d'apport), d'autres s'introduisaient chez le Juif, dont ils cxploitaient la ,·anité de parYenu. Incapables de remplir aucune fonction utile dans l'ordre économique actuel, leur impuissance les cond,1mne :i vivre de la vie végétati,·e <luparasite et tout leur est bon pour s'assurer cette Yic de luxe i111productif: l'antichambre de 1'I. de Rothschild, l'administration d'un syndicat agricole, d'une société de courses, ou le l:incement d<:s femmes ù la mode. Un grand nombre d'entre eux ont épou\é des Juive~ ou des filles de financiers, sans renoncer à leurs prejugés de caste, de religion et <le politique. Dépri111éspar le parasitisme et l'éducation catholique, ils n'ont pas renoncé à reconquérir le pouvoir, c'cst-.i-dire les places, les honneurs lucr.1tifs, les sinécures que leur disputent les classes moyennes et les dhoyés de l'industrie et de la finance. La restauration Je la 111onarchieet de la rdigion est toujours pour eux le but immédiat des efforts intermittents qu'ils sont susceptibles de tenter. En majorité dans les grades et le haut commandement militaires, qu'ils ont aflaibli et désorg,111isé,l'affaire Dreyfus a été pour CLixl'occasion de se compter et de mesurer leur force. D'ailleurs, les infamies commises en cette circonstance ont réYélé le danger que leur pn:sence dans l'armée fait courir a l:i défense nationale et ;\ la liberte. De Li la violcnœ avec laquelle ils se sont jetés dans le courant antiscmite. L'antisémitisme prend volontiers des allures populacicres. Toute la tourbe des bas-fonds politiques qu'on \'Oit remonter.\ la surface aux heures Je crise e~t reapparuc, naturellement, aussitot le branle donn('.:, a\'ec ses a\'enturiers à la recherche d'une bonne affaire et d'un bon coup, se poussant, criant, bourdonnant, pour faire illusion sur leur nombre comme sur leur qualité. ~lalgre leur répugnance instinctin: pour les bruits de la rue, les ~litiques avisés du parti ont vu la possibilitc de refaire la tentati,·e avortée de 1888. L'Église est dans le mou-
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