La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

94 LA REVUE SOCIALISTE cipcs communs, Yoient, dans le mouvement d'hostilité de haine contre les Juifs, anc la revanche de l'autoritc religieuse de nouveau triomphante, la revanche de leur autorité politique et de leur prééminence soci:ilc reconquises. Les partis réactionnaires où ils sont en majorité n'iraient point, malgré tout, jusqu'au bout des prémisses antisémites auxquelles ils feignent d'adhérer implicitement, car ils n'ont pas un mot de protestation contre les violences de langage qui déshonorent notre presscquotidienne. Si demain ces partis arri\'aientau pouYoir, ils continueraient sùremcnt le régime de protection et de complicité financicre scandaleuse qui a marqué en France toutes les périodes de réaction. Tous lc:s grands coups tentés ou accomplis contre la fortune publique par le capitalisme l'ont cté sous les gouvernements conser\'ateurs, aux heures de silence forcé,quandl'opinionétait bàillonnceet impuissante à crier. Le pillage des biens nationaux s'est effectué sous le Directoire, au lendemain du procés de Vendôme. Les grands trafics de fournitures militaires ont eu li~u sous l'Empire. Les grandes sociétés de canaux se sont constituces sous la Restauration et c'est egalcment sous ce gou\'crnemcnt que se sont édifices, parles grands manicmcntsd'argent auxquels donnèrent lieu les grands emprunts necessaires pour liquider la situ;ition ernbarrass~c laissée par ~apoléon, les-grandes fortunes financil'.-res. Sous Louis-Philippe la bourgeoisie s'assure l'empire industriel par des tarifs protecteurs et commence le partage des chemins de fer. L'explosion de Février, provoquée par la corruption du gouvernement de Juillet, dura l'espace d'un éclair. La Révolution du mépris, comme on l'appelle, fut une courte halte dans la course précipitée aux millions et le coup d'Etat du 2 decembre fut fait pour assouvir les appctits capitalistes impatients. La Rcpublique morte, les citoyens libres proscrits, l'opinion musclée, la conscience publique dupée, on recommença de plus belle à se tailler des fiefs financiers dans la richesse publique. Après 1870, toujours sous le régime conserYatcur, la pompe economiquc ne cessa de fonctionner, plus épuisante que jamais. On a beaucoup déblatén'.: contre la République à propos des affaires d'Egypte en 1882; on a accuse les hommes d'Etat français d'avoir subi l'influence des Rothschild, qui prcféraicnt Yoir l'Egypte placée sous le contrôle anglais que sous le contrôle français. C'est bien possible, puisque la droite s'est associée a cette politique. Mais l' ,\ngleterre s'est assure la prépondérance en Egypte le jour où le gouvernement du 16 r,bi a refusé l'achat des actions du canal de Suez que le Khédive lui offrait. Enfin n'oublions pas que le parti consGrvateur s'est associe au vote de toutes les mesures qui anient pour rcsultat le dcveloppement de la haute banque. Gambetta tomba, non point sur la question du scrutin de liste, mais· sur celle du rachat des chemins de fer. Jamais les conventions n'auraient étc votées

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