' LA REVUE SOCIALISTE Yement et l'appuie de son cncrgic désespérce, car elle joue gros jeu. En 1888, die n'aYait que suiYi et encouragé le boulangisme, en apparence de loin, bien que le comte de Mun fùt au centre m~mc de.:l'action comme il y est encore aui·ourd'hui. A cette heure, l'Eglise mène ' , ~ ouY<.:rtc111e1l'1atssaut, ayant denier<.: ou plutôt à côte d'elle tout le généralat, hesitant en 1888. C'est au nom de la patrie, du salut national que la démaaooic clc'.:rico-césaricnnccric : Mort aux Juifs! Qui sait i:, ::, si sur cc nouveau terrain les chances de succcs ne sont pas seric~ses ? Le.:parri réactionnaire tout entier s'est donc ébranlé et les hommes qui, comme de Mun <.:t ses complices, présidcn:nt a la sarabande des millions juifs donnés par le b.non de Hirsch :1l'entreprise boulangiste, dont le juif Naquet était k héraut, se sont remis.\ l'œunc. Une surprise Yiolente est toujours possible, pensent-ils, quand on a avec soi le luut commandement militaire prèt à tout pour dissimukr ses faux et s'affranchir de tout contrôle. * * * La question jui\C n'est donc pas en Fr,111cec, omme en ,\llc111agnc et en Autriche, seulement l'expression confuse des intérêts économiquc.:sd'une.:cla%c n'.:trograde, mais encore une.:intrigue politique, une tcntati\c de contrc-n:\olution nettement car,1ctcriscc. Si clic triomphait, cc ne seraient pas les Juifs seuls en t.111t qul'. Juifs qui auraient à souffrir, 111,1ils.1 France et la civilis,ltion générale. Les antisémites impuissants ù réédifier seraient tout puissants pour dctruirc. lis mettent en péril les principes géncraux auxquels on ne saurait porter atteinte sans dissoudre le monde moderne. La Yictoirc des antisémites ou plutôt du parti qui les dirige et n!tucillcrait le fruit de la surprise Yiolentc qui ,iendrait .'t se produire cntr,1inerait, aYec l'assen issemcnt politique de la France, la double main-mise de la tyrannie militaire et de la tyrannie religieusl'. sur cc pays. Ccsarismc ou monarchie, peu importe Li forme que re\ 0tir,1it la 1-é.'tction: cc serait une régression a laquelle la Yitalité de la hancc ne resisterait pas. Car le rên: des partis réactionnaires est un rêYe insensé. Leur ambition est faite d'appctits malsains, inféconds, incapables de réaliser un progrcs i1hlustriel. Leur idéal, appropril'.- à leur faible intcllcctualitc, est la constitution d'une monarchie militaire contenant par la force ks aspirations des masses que la religion catholique assoupirait insensiblement. Or, la ciYilisation condamne les peuples ù l'effort pour l'amélioration constante. Toute nation qui s'arrête, Jans la courbe d'éYolution que lui tracent les peuples plus dén:loppés, L'.st condamnée a mourir d,ms des perturbations et des souffrances mille fois plus aiguës que cdlcs résultant de l'effort de progrcs.
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