LE PROBLÈME DU PROGRÈS 8r Le travail est l'action de l'Homme sur la matière. Cette matière est tantôt un présent de la Nature, tantôt un produit humain dans lequel est entréï'effort de son créateur et des richesses naturelles. Dans un cas comme dans l'autre, le producteur ne saurait avoir droit à une part importante de l'objet fabriqué. La Nature intervient dans le travail ;te plus personnel. Elle accorde à l'Homme un corps, un esprit, des muscles, des nerfs, ... sans lesquels il ne pourrait rien accomplir, un air atmosphérique qui le nourrit aux trois qu:nts, de la lumiere indispensable à l'exécution de tout travail, etc. Dans combien de cas la présence d'aides naturels comme le vent, l'eau, l'électricité, la vapeur, etc., sont necessaires? Que ferait l'Homme s'il était privé de tout cela? Faites la part de chacun de ces éléments, la part des dons naturels et celle des richesses fruit du travail de la Nature, de la faune et de la flore ambiantes, ... et voyez ce qui revient à l'individu pour prix de ses efforts personnels. * * * Si l'Homme civilisé peut produire en abondance tout ce dont il a besoin pour se nourrir, se vêtir, se chauffer, s'instruire, se récréer, etc., c'est parce que sur le sol qu'il féconde ou dans les villes qùe son industrie a fait surgir le" long des fleuves et sur les bords de la mer, un gigantesque travail plusieurs fois séculaire a été entrepris, poursuivi, achevé, modifié, perfectionné ... avec une ardeur et une persévéranc< admirables. « La part de l'individu dans la production de la richesse social~ est extrêmement petite, comparée à celle que la société a eue et a encore dans la mise en valeur des choses, dit G. Renard dans le Régime social-iste (1898). Nous venons tous au monde avec une dette énorme envers les morts, envers les générations antérieures. Ne trouvons-nous pas autour de nous la terre aménagée, fécondée par des labeurs séculaires? La culture des plantes utiles, les routes qui permettent aux hommes et aux produits de toute sorte de circuler aisément, les navires et les wagons qui sillonnent les mers et les· continents, les outils ingénieux dont nous nous servons tous les jours, les forces naturelles soumises une à une, les machines ces esclaves de fer qui travaillent pour nous, est-ce que tout cela ne représente pas une infinie multitude d'efforts dont les résultats conservés, et accumulés par la société, sont mis par elle à notr_e disposition sans que nous nous soyons donné d'autre peine que de naître dans ses rangs! Et le langage, l'écriture, l'imprimerie, qui gardent, propagent et accroissent sans cesse les vérités conquises; la science, qui étend sa.domination sur le monde environnant; 6
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