La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

80 LA REVUE SOCIALISTE 9,402 francs, le travailleur italien ne produit que pour r,326 francs et l'espagnol pour r 82 r. La richesse générale bénéficie de cet excédent de production. La fortune mobilière est o-rande où le travail à domicile est rare, - petite b , oü il est commun. Elle atteint par tête d'habitant : aux Etats-Unis, 3,600 francs; en Angleterre, 6,087 francs. En Italie, elle n'est que de 583 francs. En Russie, elle tombe à 234 francs. Ces chiffres se passent de commentaires. * * * La richesse est ou naturelle ou sociale dans sa source. Sociale - humaine - doit être sa destination. L'Homme n'a pas fait l'Homme. 11est le produit d'une lente et laborieuse évolution organique, l'anneau supérieur d'une longue chaîne qui \'a se perdre sous la forme d'êtres gélatineux au sein des eaux de l'Océan primitif. Ni le globe terrestre, ni ses richesses minérales, vcgétales et animales ne sont le fruit des labeurs particuliers d'une famille ou d'une classe, ni l'œuvre d'un peuple ou d'une race. Leur existence est de beaucoup antérieure à celle de l'Homme. Bien avant son occupation par les races humaines, la Terre était habitable et habitée. Elle avait ses continents et ses mers, ses vallées et ses coteaux, une végétalité luxuriante et d'inestimables trésors minéraux. Elle avait donne asile à une animalité dont l'Homme primitif ne fut longtemps qu'un produit des plus médiocres. L'air, le vent, la pluie, le soleil. .. , toutes ces« forces» naturelles sans lesquelles la vie est impossible, qui donc en est le créateur? Est-ce l'Homme? Toutes les sources où l'Humanité a puisé ses premiers moyens d'existence : forêts peuplées d'oiseaux et de mammifères, fleuves et rivières riches en poissons de toutes sortes, plaines fertiles et abris naturels, tout cela est-il l'œuvre de l'Homme ? La Terre --et ses richesses, la Nature et ses forces ne lui appartiennent donc pas. Il les a trouvées en naissant. li n'en peut être qu'usufruitier. L'appropriation individuelle du sol et de toutes les richesses naturelles n'est donc qu\rne usurpation. « li n'y a pas que des richesses naturelles », nous objecteront les individualistes. Sans doute, mais on a coutume de faire trop large la part de l'individu dans l'œuvre de sa main et de son cerveau.

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