La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE toirc? Le vaingucur est donc celui gui, ayant des besoins fort limités, peut se contenter d'une rétribution minime. Cette concurrence maintient les salaires à un taux de famine dans la plupart des pays ciYilisés. Partout elle entrave le progres physique de l'espèce. Partout aussi, elle fait obstJcle à la diffusion de l'instruction populaire. Elle est une perpétuelle menace pour les peuples de race blanche ou europc'.:o-américaineexposés à subir les assauts économiques des représentants de la race jaune. Ces derniers, on le sait, sont tres sobres. Ils se contentent de salaires dérisoires, ce qui leur vaut les sympathies intéressées de tous les exploiteurs du monde. • Le prolétaire japonais ne touche en moyenne que 50 centimes pour douze heures d'ouvrage; sa femme en reçoit 35 et ses enfants 2 5. Le coolie chinois livre sa force-travail à des prix plus bas encore. Aucun de ces hommes ne vaut physiquement ou intellectuellement l'Européen, nous le reconnaissons, mais la force musculaire, la capacité technique, l'intelligence ne peuvent à elles seules assurer la victoire (r). La machine travaille et peuse pour l'ouvrier. Déjà, chez nous, la femme et l'enfant ont chassé l'homme de certaines professions. Qui oserait affirmer que demain le jaune n'en fera pas ·autant sous la protection des lois et des baïonnettes, humbles servantes du Capital? Sans doute, devant leur tombe creusée par le chômage - aussi éternel désormais que le Capital lui-même - en face d'une mort certaine, imminente, nos millions de prolétaires de l'atelier, de la mine et du champ se révolteraient, mais ce soulevement imposé à tout un peuple n'est-il pas la condamnation de la concurrence vitale qui, dans l'espéce humaine comme partout ailleurs, favorise la survivance des plus faibles et des plus mal conformés? * i< * La lutte pour la vie est nuisible aux individus, aux races, a l'espece entiére. (1) Les ouniers russes commencent à s'en apercevoir à leurs dépens. " Obligee de rester en bons termes avec la Chine, la Russie voit tout Je territoire, tous les travaux d'exploitation auxquels elle se livre, dans les mains d'innombrables ouvriers chinois. Comme une invasion de sauterelles, le coolie s'est abbattu sur Je territoire nouvellement acquis; c'est lui qui fait tout, et les journaux russes commencent a se plaindre qu'il n'y ait pas de travail possible pour un Russe à Port-Arthur ou ailleurs. » Bonnier. Le Péril ja1111e (1897).

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