- LE PROBLÈME DU PROGRÈS autre industriel. La force musculaire, le courage, l'intelligence, le savoir ... ne sont plus des armes pouvant assurer la victoire. Celui qui triomphera, o'est celui qui pourra disposer de capitaux plus considérables, celui qui pourra construire de plus vastes usines, payer plus cher les votes des législateurs, fabriquer a plus bas prix, offrir le plus de crédit et, au besoin, vendre le plus longtemps des marchandises audessous de leur prix de revient, certain, une fois son concurrent terrassé, de regagner dix ou cent fois l'équivalent des s01111.nepserdues pendant la bataille. Où est dans tout cela la lutte de l'homme contre l'homme? Nous ne la voyons ·pas. De -part et d'autre, il y a des surmenés, des épuisés, des anémiés, des malades, des décedés. Ces surmenés, ces épuisés, ces anémiés, ces malades, ces décédés, ce sont les ouvriers qui, eux, ne luttaient pas, mais dont on allongeait démesurément les journées de labeur en même temps que l'an réduisait les salaires à un taux de famine. Le combat de nos industriels a produit la dégénérescence des prolétaires qui en ont pa)ie seuls tous les frais. *. * * A mesure que l'Homme s'éloigne de son passe bestial, il éprouve le besoin de dépenser utilement une plus grande somm~ d'énergie. Le primitif travaille peu. Le civilisé se crée des occupations mul-. tiples que le sauvage et le barbare ne connaissent pas. Il soumet ses muscles et ses nerfs à des fatigues physiques et intellectuelles sans cesse croissantes. De la pour lui la nécessité de faire usage d'aliments meilleurs et d'en consommer dav:iiltage. La Civilisation augmente le coùt d'entretien de l'Homme. La société est intéressée àdevelopper les besoins de ses membres. Plus l'individu consomme, plus il peut produire. Dans les pays de hauts salaires, comme les États-Unis de l'Amérique du Nord et l'Angleterre, l'effort de !'_individu est très productif. Il l'est beaucoup moins dans les pays de bas salaires, tels que l'Espagne, l'Italie, la Russie. _ Un salaire élevé assure: - à l'ouvrier une nourriture abondante, un vêtement decent, un logement sain et des connaissances scientifiques, artistiques, littéraires; -à la société des producteurs plus actifs, plus intelligents, plus résistants à la fatigue physique et intellectuelle; - à la Civilisation des hommes plus aptes à la faire progresser. Cette ascension des producteurs vers le bien-être, des peuples vers la richesse, de l'Humanité vers la Civilisation est entravée par la concurrencè vitale à laquelle sont condamnés tous les salariés. Sur le champ de bataille du travail, un faible salaire, n'est-il pas un immense avantage, une arme qui, presque toujours, assure la vie- ....
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