I I REVUE DES LIVRES demande d'autres articles. Va-t-elle renoncer à l'enseignement et se vouer à la littérature? Mènera-t-elle les deux occupations de front? S'y ajoute une préoccupation bien naturelle. Vous ai-je dit que Marthe a vingt ans? La préoccupation se nomme Pierre Danton, licencié ès-lettres, boursier d'agrégation. Le hasard d'une âverse a réuni sous le même parapluie Marthe et Pierre, au sortir de la Bibliothèque. A la camaraderie de travail s'ajoute un flirt aiguisé d'ironie, sous lequel pousse et croît rapidement un amour dans lequel les deux protagonistes mettent toutes leurs fiertés, et même leurs SU$ceptibilités.Les roses que s'offrent ces amants sont hérissées d'épines auxquelles ils se blessent. Tant et si bien qu'un vilain jour ils rompent sans querelle, sans violence - il n'y en eut jamais entre eux - et s'en vont souffrir chacun dans leur coin. L'échec de Marthe à l'agrég'ati~n - Pierre a été reçu - les rapproche. Reste la littérature. Marthe y renonce. Elle sent qu'ainsi elle sera plus près de Pierre. Car c'est la littérature qui les séparait. Pierre écrit, lui aussi, et des choses fort belles. Et-il est encore inédit. Il le sera sans doute toujours. Elle va au devant d'un sentiment qu'il n'oserait mème se formuler, et renonce à son rêve de gloire pour la réalité d'amour. La thèse, on la voit : il n'est pas bon que la femme soit supérieure à son mari, à moins qu'elle ne se résigne à ne pas introduire l'amour complet dans l'union conjugale. Vous me direz que Pierre, qui écrit de beaux vers, pourrait égaler sa femme. Possible, mais Marthe a pris de l'avance. C'est, en tout cas, une émulation qui peut, qui doit fatalement, se traduire en concurrence. Genus irritabile. ·:· Marthe a donc agi fort sagement. D'autant que, si elle eût aimé véritablement les lettres, elle leur eût fort bien sacrifié son amour pour Pierre. Elle s'est donnée au sentiment le plus fort. Tout est donc bien ainsi. D'ailleurs, l'auteur de !'Alouette a certaineme:1t voulu nous exposer un cas particulier, et dans de telles conditions, plutôt que poser en principe la subordination de la femme à l'homme. Marthe ne se subordonne pas à Pierre : elle lui sacrifie un goût, voilà tout. Le véritable amour vit de ces petits sacrifices. Ce livre, sobrement écrit, avec une pureté de langue et de style véritablement reposante en ce temps de désarticulation et de déséquilibration littéraires, mérite le très grand succè, qu'il a obtenu auprès des Jèttrés et des artistes. 11 y a cer&ines pages du commencement, d'un caractère très marqué <l'autobiographie, qu'on ne peut lire sans une profonde émotion intellectuelle et ..:ordiale. L'écrivain qui nous les ·a données nous promet de belles œuvres. E. f. Second congrès des professeurs de l'Enseignement secondaire public (1898 ). Rapport général, par EMILE CHAUVELON(Armand Colin et Cie, Paris). - Ce volume de 248 pages est divisé en deux parties : la première, rapport général, expose l'œuvre du Congrès : solidarité universitaire, projets, œuvres; extension universitaire; conseils universitaires; le baccalauréat ès-sciences; fournitures de livres de classe; p1ogrammes d'histoire et de .géographie; les futurs_ Congrès; les vœux; le budget du Congrès. La seconde, documents·et notes, suit exactement les grandes lignes de la première. C'est un recueil de citations caractéristiques. {
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