La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

REVUE DES REVUES 757 fonde sur des cas, hors des temps d'extrC:me corruption, très exceptionnels, d'ou l'on tire diverses sortes d'arguments qui tous se résolvent dans le plus pur intérêt personnel. » Si néanmoins il veut que sa conception devienne la règle, c'est qu'apparemment il croit ù la liberté de l'u~ion des sexes, je veux dire qu'il trouve dans la solution du problème de la propriété les moyens de réaliser cette liberté. Car, assurément, Lamennais était trop attentif aux faits de son époque pour n'aYoir pas observé que la liberté du choix en matière d'union n'existe que d'une manière exceptionnelle. C'est donc bien une vue d'avenir, subordonnée à des conditions économiques et sociales autres que celles dont il était le témoin, qu'il a exprimée dans son chapitre de la famille. Comprise ainsi, et elle ne le peut être autrement, la pensée de Lamennais rejoint directement celle des socialistes idéalistes contemporains, qui considèrent le divorce et l'union libre comme des expédients du temps présent et rêvent le couple parfait, être social, uni par sa volonté libre et réfléchie, et employant cette volonté à assurer, par l'amour et par la raison, l'indissolubilité du lien conjugal. EUGÈNE FOURNIÈRE. ; \

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