REVUE DES REVUES - 755 sance de l'univers et de lui-même, et de la place qu'il occi.1pe dans l'univers, et de l'action qu'il peut avoir sur les phénomènes qui s'y manifestent, et des impressions qu'il en peut recevoir, que l'homme individuel et social - ce qui en somme ne fait qu'un -"'--s-'achemine vers un perfectionnement dont il n'est permis à personne d\1ssigner k terme ultime. Volonté de Dieu, desseins de la nature, hahnonie•préétablie, ce, sont des mots assemblés pour exprimer l'aspiration incessante de notre espèce a un meilleur état. Lamennais, avec une préci- ,1 sion qui ne laisse aucun doute ~ur ce point, affirme que « rien n'arrêtera l'évolution du genre humain ». Il ajoute : « Perpétuellement il s'avancera vers le terme que lui assignent les lois universelles de la création et ses propres lois. Après des siècles de préparation, mùr enfin J pour d'autres destinées, il en,ire dans une phase nouvelle de sa vie terrestre. Les idées changent,les préjugés s'effacent. L'expérience n'ayant ' que trop montré le vice des vieilles institutions, on commence a recon..: naître la fausseté des principes qui leur servaient de base, bien qq'on soit loin encore d'avoir une vue claire et complète de l'ordre futur. La raison se dégage peu a peu des ténèbres au milieu desquelles elle __ s'agitait vainement. Élle ne présidera pas seule néanmoins à la formation du nouvel organisme; il 11e sera l'expression rigo11re11sea, bsolue, d'aucune tbeorie abstraite, il se formera de lui-rnétne, comme tous les organismes, en vertu de la force iuterne du developpemeut inberente à cbaque être, selon sa nature. Le caractère de ce déYeloppement, tel que déja il se manifeste, prouve les progrès réels qu'a faits l'humanité. Gar il est visible qu'elle ne peut désormais se reposer et vine que dans une liberté plus grande et dans une plus grande unité, c'est-à-dire que dans un état plus parfait de société, puisque l'unité c'est le devoir, la liberté le droit, et qu'ainsi la société parfaite serait la pàrfaite liberté dans l'unité parfaite. » Aussi protè'ste-t-il avec force et contre la religion quand elle dit aux hommes : « Soumettez-vous aux forts, Dieu l'ordonne», et contre la philosophie quand, « profanant la nature », elle cherche « dans ses lois, interprétées faussement, des sophismes pour légitimer la tyrannie· <les uns, l'asservissement des autres ». Il semble qu'ici Lamennais, qui avait uniquement en vue « Aristote dans sa théorie de l'esclavage, Spinoza, Hobbes et en général, quoique a diYers degrés, tous les publicistes anciens», ait prévu qu'une certaine école évolutio111üste s'appuierait un jour sur la théorie de Darwin pour légitimer .nos « tyrannies » et nos « asservissements » contemporains. Mais j'ai hâte d'arriver au chapitre de la famille. Elle est, pour Lamennais, l'élément réel de la société, puisqu'elle est le moyen P,a.r lequel la société se perpétue. Pour lui, comme pour Saint-Simon,~ 'fa rencontre n'est pas aussi extraordinaire qu'on pourrait le croire, le - / -
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