LA REVUE SOCIALISTE Le conseil n'a pas partagé cette manière de voir. Il lui a paru que l'État renoncerait difficilement à une recette importante et que, sans attendre son intervention très douteuse, au moins à bref délai, la ville de Montpellier, chef-lieu d'un département viticole, devait prendre les devants et donner l'exemple. La municipalité a préparé des propositions, qui ne sont pas encore définitivement arrêtées, mais ne subiront aucun changement important. Il serait fait appel aux ressources suivantes : élévation de la taxe d'alcool; établissement d'une licence municipale, comprenant un droit fixe, en même temps qu'un droit proportionnel à la valeur locative des immeubles affectés au commerce des boissons. La bière et les cidres étant considérés, dans le Midi, comme des boissons de luxe, les droits d'octroi qui les frappent ne seront pas supprimés mais réduits seulement, à partir de 1900, au maximum prhu par la loi. * * * Bordt'a11x. - Après un rapport très copieux ou la question de l'octroi était envisagée en détail sous toutes ses faces, générales et locales, M. Georges Périé, adjoint au maire, personnellement partisan <le la disparition complète de l'octroi avec le concours de l'État au moins sous forme d'enlèvement des droits d'entrée, conclut, comme rapporteur, en présentant à ses collègues trois projets de délibération. Le premier, peu sérieux, supprimait tout l'octroi, a la condition que l'État cesserait de percevoir à son profit les diverses taxes établies sur les objets compris au tarif bordelais de l'octroi, et qu'au surplus il abandonnerait en faveur de la ville d'autres recettes directes perçues à son compte et à déterminer. (C'était inacceptable : la belle difficulté de supprimer tout l'octroi, si l'État paie toute la différence!) Le deuxième projet supprimait totalement les droits perçus sur les boissons hygiéniques, sous la condition expresse que l'État cessera de percevoir lui-même les droits qu'il a établis sur les mêmes boissons> et sous réserve de l'autorisation des taxes de remplacement suivantes : 1° élargissement du périmètre de l'octroi; 2° surtaxes sur l'alcool; 3° majoration des taxes sur l'acier, le gibier, le bois de chauffage, l'huile minérale, la bougie, les cierges, les savons, les cuirs, les papiers, les bouteilles, la Yerroterie et les cristaux, la vaisselle, porcelaine, faïence; perception d'un droit de passage fixé a o fr. ro par chaque colis de marchandises (soumises ou non à l'octroi) entrant à Bordeaux ou en étan~ expédié. Le troisième projet, qui fut seul adopté, exécutait simplement les prescriptions de l'article 2 de la loi ordonnant une diminution, impé-
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