La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE L'ensemble du projet présenté par la commission spéciale provoqua de vives récriminations de la part de la population qui considéra les taxes nouvelles de substitution comme vexatoires et sujettes à de nombreux mécomptes au point de vue de la perception. Dans ces conditions, et d'accord ayec la plupart <les membres de l'administration, avec l'assentiment même de la commission spéciale, le maire de Marseille, M. Flaissières, a proposé au conseil municipal une application utile de la loi dans le sens des intérêts de la population qu'il représente. La base même du projet nouveau - celui de la commission spéciale étant abandonné - c'est la suppression totale de l'octroi de Marseille dans un avenir prochain, en 1900, si le Parlemént consent à aider la ville dans cette œuvre de réforme. Le projet de modification soumis au conseil pour l'année 1899 serait la premiére étape vers le bu·t poursuivi. Le maire de Marseille propose de laisser intact le .. système de l'octroi pour un an, a dater du 1er janvier 1899 et pour tous les articles autres que ceux visés par la loi comme boissons hygiéniques. << Ce n'est point qu'il n'y ait, dit-il, des modifications raisonnables à apporter au ta1if de l'octroi, mais le court espace de temps pendant lequel il subsistera autorise la ville a le conserver Yaille que vaille. » M. Flaissières propose donc au conseil mùnicipal d'émettre tout <l'abord, avec la plus grande énergie, le vœu que l'État renonce luimême à tous les droits qu'il perçoit sur les boissons hygiéniques si la commune elle-même renonce a percevoir les droits qui lui sont propres sur ces boissons. Il propose encore d'abandonner tous les droits d'octroi sur les vins. Si l'État tenait compte du vœu préconisé par l'auteur de la proposition, s'il abandonnait lui aussi ses droits sur cette boisson, elle entrerait en franchise a Marseille, a <later du 1er janvier prochain, allégée de 10 centimes 1/2 par litre. ~ Par contre, une taxe de cinq francs par hectolitre serait maintenue sur la bière, considérée à Marseille comme boisson de luxe. Les droits sur les cidres seraient supprimés; les eaux minérales seraient également dégrevées. Ces dégrèvements constitueraient dans les recettes de l'octroi les pertes suivantes: 5 fr. par hectolitre sur les vins 9 sur les bières. 2 sur les cidres. sur les eaux minérales . Somme totale . Fr. 2.948.870,85 3 24. 1 1 2, I 5 174,26 20.43 I, »

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