La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE que le projet de suppression totale des taxes d'octroi sera de nouveau mis à l'etude et pourra être discuté ». Allons, tant mieux. Nau/es. - En 1894, M. le maire de Nantes voulait bien frapper à la fois le propriétai1:e et le locataire, à la condition d'exempter les petits loyers au-dessous de cent francs. Et il soulignait que la ville était traversée par sept ou huit bras de la Loire, grâce auxquels des bateaux pourraient impunément introduire toutes les nuits des denrées en fraude. Bref, le maire de 1894 se révélait partisan énergique de la suppression de l'octroi, sans le concours de l'Etat. Au contraire, le maire de 1898, dans une lettre adressée à M. Albert Montheuil, rédacti::ur en chef de la Revue 1111111icipale, réclamait en faveur des communes à octroi un prélcvement sur les impôts nationaux et l'assurance des perceptions des taxes d'alcool par les soins de l'Etat. Nous ne comprenons pas ce revirement. Qualifier la loi du 29 décembre 1897 « <l'expédient sans intérêt au point de vue économique et dcmocratique » est un peu sévère; car enfin les fautes du législateur et son refus provisoire de réduire les taxes d'État n'excusent pas pareil changement d'opinion. M. le maire de Nantes dit d'une part que quelques proprietaires aises et des commerçants en gros retireront seuls quelque profit des modifications de tarifs, - et que les débitants frappés par les licences municipales continueraient à faire payer à leur clientele formée d'ouvriers un prix de vente au détail identique sinon plus éleve. -- De ces prémisses le premier venu conclurait que de simples modifications de tarifs ne suffisent pas et que la seule modification efficace pour la population serait la disparition de tout droit d'octroi, au moins sur les boissons hygiéniques, et que les taxes abolies ne devraient pas être récupérées sur les marchands de vin, sous forme de licences municipales. - Pas du tout, .lvLle maire de Nantes, qui est décidement doué d'une grande force de logique, se contente de supprimer des droits sur les boissons hygiéniques tout juste la quantité exigée par la loi; et il la remplace par des licences municipales et des surtaxes sur l'alcool qui surexci,eront simplement le dol et la fraude. Si opportunément réactionnaire que soit le conseil municipal de Nantes, nous attendons l'événement pour croire à sa ratification de propositions aussi logiques et qui, du propre aveu de leur auteur, bénéficieront seulement aux gros et dispenseront de frapper la richesse acquise du propriétaire et le revenu du locataire aisé. - Si pareil reniement du programme républicain s'accomplisssait, quel beau tremt)lin électoral serait serait ainsi fourni à nos amis socialistes de Nantes, ..

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