720 LA REVUE SOCIALISTE de l'octroi n'y aurait certainement aucun succcs dans l'opinion, malgré les inévitables mécontentements résultant des centimes additionnels. Or, l'on sait que le principal avantage de la loi de décembre 1897 est précisément d'avoir élargi les facultés de remplacement des taxes d'octroi, :rn moyen de taxes variées et autres que les seuls centimes additionnels, afin de faire peser les charges sur le plus grand nombre possible de contribuables, et surtout de les mieux répartir et diviser entre les citoyens. - Nul doute que le bon exemple donné par Agde, Elbeuf, Montbard, Montereau et Salins sous un régime restrictif, ne finisse p:1r être sui\'i par la majorité des villes françaises, sous le régime actuel, très amélior~ble, mais enfin plus libéral. * * * Comme les réformes contenues dans la loi du 29 décembre 1897 ne denont être complètement opérées que dans un délai de dl'ux ans, ù partir du I'" janvier 1898, c'est seulement en examinant les résultats des années 1899 et 1900 qu'il sera possible de connaître d'une façon définitive le montant du dégrcvement obtenu sur les boissons hygiéniques et d'ctablir dans quelle mesure les municipalités auront usé de la faculté de supprimer entierement les taxes sur les boissons, et d'en\'oycr au gouvernement des projets d'abolition totale de l'octroi. Quelques villes, usant de leur droit strict, ont proroge leurs tarifs d'octroi jusqu'au 31 décembre 1899, et ont décidé en principe ;\ cette date, l'abolition de tout droit d'octroi sur le Yin, le cidre et la bière espéra11qt ue da11sl'i11tcrvallele Parle111e11atura abouti 1,, 1111e ré/01111e sérieuseel efficace, c'est-à-dire aura suppri111lées 1·111pôdls'État sur les boisso11hsygiéniques. - Ces villes sont: Vannes, Lorient, Nancy, Barie-Duc, Les Sables-d'Olonne, Orléans, Épernay, AbbeYille,. Rouen, Besançon, Grenoble, Lesparre ( 1), etc ... * * * Cependant, pour aYoir quelque idée de la nature et de la quotité des taxes de remplacement qui seront adoptées par les municipalitcs, il n'est pas nccessaire d'attendre la premiere année du siecle nouYeau. Théoriquement, de nombreux conseils municipaux se sont occupés du probléme depuis longtemps, et l'on en retrouYcrait de precieux (1) Nombreuses sont les villes de province et les localités autour de Paris ·qui ont demandé un delai d'un an que va sans doute leur accorder le Parlement. Leurs muuicipalités finiront peut-ètre par aboutir il la même conclusion que celle de Lesparre qui a logiquement résolu d'tntreprendre la suppression totale des droits d'octroi.
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