La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA SUPPRESSION DES OCTROIS LA SUPPRESSION DES ÜCTROIS (Suite) VI LA QUESTION DEVAKT LES CO~S~ILS MUNICIPAUX Au cours d'études ayant trait aux bienfaisantes conséquences économiques de la suppression des octrois en Belgique, notre éminent collaborateur M. le professeur Hector Denis, député de Bruxelles, a fait des graphiques sur les prix des denrées, entre autres sur le prix de la viande, dont il est toujours plus difficile de déterminer la moyenne. Pendant la première année qui a suivi l'abolition des octrois, le prix de la viande a été maintenu au même niveau, parce que le boucher a essayé de garder pour lui le bénéfice de la suppression de la taxe. Mais peu à peu cet instinct commercial, qui s'appelle la concurrence, a incité quelques bouchers à baisser les prix, afin de détourner la clientéle à leur profit. Les bouchers les plus anciens et les mieux .' établis ont d'abord résisté; puis, voyant la clientèle les abandonner, ils ont, à leur tour, diminuè leurs prix. Ils sont même allés plus loin : il s'est produit entre eux une concurrence d'abaissement des prix; de sorte que la ligne, qui est restée horizontale pendant la première année, baisse pendant la seconde, continue à baisser la troisième année, et ne s'arrête qu'à un certain ètiage, à la limite à laquelle il fallait nécessairement, à moins de vendre à perte, s'arrêter dans la concurrence à la baisse. Ces vérités économiques, que M. Yves Guyot rappelait à la Chambre de 1889, en même temps qu'il prouvait, par des lettres de divers bourgmestres belges, la réduction réelle des prix, n'ont pas été savamment relevées par des graphiques, mais ne s'en sont pas moins trouvées dûment vérifiées et constatées en France, dans les villes d'J<tgded; 'Elbeuf, de Montereau, de Montbm·d et de Salins, lesquelles ont dernièrement supprimé leurs octrois, uniquement à l'aide de centimes additionnels. Toute tentatiye de rétablissement, même partiel, . ...

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