La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Non seulement le socialisme respecte la liberté individuelle; mais il est le seu I régime qui l'assure véritablement en lui donnant pour base l'indépendance économique. Actuellement la liberté n'existe que pour les possédants; le socialisme la généralise. Au point de vue politique, c'est le suffrage universel qui fait les lois par l'intermédiaire de ses représentants; la plus large décentralisation est introduite dans tous les services qui ne doivent pas être forcément coordonnés; le peuple ne sent plus qu'il est gouverné; chacun peut professer un culte ou n'en pas professer, la liberté de la presse et la liberté de réunion sont absolues; la liberté d'association, nulle aujourd'hui, est complète également; les citoyens sont protégés contre l'arbitraire des fonctionnaires. Une seule liberté disparaît, celle de l'enseignement qui, ainsi que nous l'avons démontré, n'est que le droit d'opprimer la conscience de l'enfant. C'est par la liberté de conscience de lienfant que nous la remplacons. Au point de vue civil, le mariage est libre ainsi que le divorce; les parents peuvent garder leurs enfants ou les remettre à l'assistance iociale; la lib~rté du domicile est absolue; chacun choisit la maison ou l'appartement qui lui plaît et en change à son gré; il se transporte quand il lui plaît dans une autre localité; la liberté de tester, pleine de restrictions aujourd'hui, est entière; la liberté de ne pas travailler existe, comme aujourd'hui, pour ceux qui n'ont pas besoin de salaire pour vivre; la liberté de l'épargne n'est pas amoindrie; son utilité seulement est moins grande; chacun peut passer librement telles conventions qu'il lui convient avec autrui, lui prêter de l'argent, avec ou sans intérêts, lui acheter ou lui vendre tous objets ; mais en cas dtt contestations entre les parties la justice n'a pas à en connaître, ces opérations n'ayant aucun caractère d'intérêt général. _La liberté de l'art est assurée par l'indépendance des artistes. Reste la liberté de consommation; c'est là que nous attendent nos adversaires, et qu'ils se croient sûrs de triompher : il est impossible, disent-ils, d'établir une distinction sérieuse entre les moyens de consommation, dont l'appropriation individuelle restera licite et les moyens de production qui doivent demeurer le monopole de l'État. Une aiguille est un moyen de production. Il sera donc défendu aux ménagères de coudre? Et si l'aiguille est tolérée, la machine à coudre ne le sera sûrement pas. Une perpétuelle tyrannie pèsera sur les citoyens, exposés à des perquisitions domiciliaires pour la recherche des :moyens de production illicitement détenus. Si la machine à coudre est tolérée, il sera défendu de s'en servir autrement que pour son usage personnel; sans quoi on verrait se reconstituer des ateliers privés qui feraient concurrence à ceux de l'État; il en est de même de la plupart des industries. I

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