L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE de ses propres principes, consacré dans l'article 545 du Code civil, ·et de l'exproprier pour cause d'utilité publique. Le Code civil veut que cette expropriation n'ait lieu qu'à charge d'indemnité ; c'est ainsi que nous l'entendons et nous ne voyons pas qu'en justice et en équité on puisse critiquer notre manière d'opérer. M. Leroy-Beaulieu a prétendu aussi que nous serions incapables de faire une juste répartition des produits et que nous serions acculés à l'égalité absolue. Nous nous flattons d'aYoirétabli le contraire; nous ne disons pas pour cela que l'égalité absolue n'existera pas un jour, mais ce sera à une époque où tout surabondera tellement que chacun pourra sans compter puiser au fonds commun et où les inégalités intellectuelles seront moins sensibles qu'aujourd'hui. Schaeffie, l'un de nos plus loyaux adversaires et celui, a coup sûr, qui nous connaît le mieux, ne conçoit pas que la valeur des objets puisse être basée uniquement sur le temps socialement employé à les produire. Il croit à la nécessité de la faire ivarier en proportion des besoins. Mais, sous le régime collectiviste, tous les besoins auront la même intensité, puisqu'il y aura de quoi les satisfaire également; aucune variation ne se produirait donc, mêmç si on lui en laissait la possibilité. ,, On nous a beaucoup reproché de supprimer sans le remplacer le plus puissant stimulant de l'activité humaine: l'intérêt personnel. Les détails de notre organisation répondent victorieusement; partout, sous le régime collectiviste, les efforts individuels sont récompensés; chacun travaille pour soi en travaillant pour tous. Si on remarque avec attention le caractère d'ensemble de nos institutions, on voit qu'elles éliminent non l'intérêt personnel, mais l'antagonisme des intérêts personnels, c'est-à-dire la concurrence. L'intérêt personnel en luimême restera le grand mobile de l'humanité tant qu'elle ne sera pas élevée jusqu'à l'altruisme; il peut d'ailleurs, bien d'irigé, produire de salutaires effets; mais l'antagonisme des intérêts personnels transforme l'individu en bête féroce cherchant à dévorer tout ce qui la touche. En supprimant des rapports humains cette loi de sang, en mettant fin, dans les rapports sociaux, à la lutte pour la vie, le collectivisme aura plus fait pour l'amélioration morale de l'homme que toutes les religions et toutes les philosophies. Mais la plus ordinaire, la plus redoutable en apparence des- critiques dirigées contre nous est d'anéantir la liberté individuelle. C'est au couvent, à la caserne, au bagne que nous voulons ramener l'humanité. On ne s'en aperçoit guère, en vérité, en parcourant notre exposé de • l'organisatio_n socialiste, et nous nous plaisons à croire que nos adversaires de bonne foi reconnaîtront leur erreur, quand ils auront constaté le soin jaloux avec lequel la liberté est sauvegardée dans nos institutions. }
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==