La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE (Suite et fi11) XXXI RÉPONSE AUX CRITIQUES Nous avons terminé la description de l'organisation collectiviste; avant d'indiquer les moyens transitoires par lesquels pourra s'effectuer le passage de l'état actuel a l'état futur, nous devons nous arrêter un moment pour répondre aux critiques de nos adversaires. Elles sont bien affaiblies, d'ores et déja, ces critiques, si tant est qu'elles subsistent encore: dirigées contre les théories collectivistes presque toujours mal interprétées, elles tombent d'elles-mêmes par le simple exposé des réalités de l'application. Nous allons cependant les résumer et les réfuter rapidement. Il est hors <le doute que le collectivisme sera un bienfait pour la masse de la population et principalement pour la classe pauvre dont il améliorera considérablement l'existence; mais pour obtenir ce résultat il faut préalablement exproprier les possédants, ce qui aux yeux des économistes conservateurs est le plus monstrueux des attentats. Karl Marx, dans son Capital, a établi l'illégitimité originelle de la propriété, basée sur la spoliation. M. Leroy-Beaulieu s'efforce de la justifier de ces reproches. Supposons un instant qu'il ait raison. Cela ne prouve rien. Si respectable que puisse être la propriété individuelle, si réels qu'aient pu être les services qu'elle a rendus, les progrés auxquels elle a aidé, elle n'en est pas moins l'obstacle actuel au bien-être d~ plus grand nombre. Elle diminue la production et fausse la répartition. Elle est donc devenue nuisible. Au nom de l'intérêt du plus grand nombre, nous avons par conséquent le droitd'invoquercontre elle l'un /

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