DE QUELQUES POINTS DE DOCTRINE 685 et qu'il regardait désormais toute amélioration dans le cadre capitaliste comme un moyen de plus pour la transformation totale. >> Avec ce mot de Vandervelde, nous touchons certes au sujet qui nous occupe, mars en même temps nous le débordons, puisqu'aussi bien nous ne discutons ici que le thême de l'action politique. Les deux derniers congrès internationaux, ceux de Zurich et de Londres (1893 et 1896) nous édifieront complctement sur les préférences de l'immense majorité, de la quasi unanimité des collectivistes des deux mondes, quant aux moyens :1employer. A Zurich, la démocratie sociale, réunie en assises solennelles, a reconnu : « la nécessité de l'organisation des travailleurs et de l'action politique. « Par ~ction politique, dit l'ordre du jour adopté, on entend que les organisations des travailleurs cherchent autant que possible i employer ou à conquérir les dr~s politiques et le mécanisme de la législation, pour amener ainsi le triomphe des intérêts du prolétariat et la conquête du pouvoir politique. >> A Londres, on a déclaré que l'actjon politique était l'.irme par excellence daus la lutte du socialisme contre le régime capitaliste. Sur le rapport de Lansbury, le Congres a défini comme il suit cette action : « la lutte organisée sous toutes ses formes pour la conquête du pouvoir politique et son usage législatif et administratif par la classe ouvrière en vue de son émancipation ». Les décisions du Congres <le Londres, en attendant la prochaine assemblée des délégués du prolétariat international, conservent toute leur vigueur. Les opportunistes et les libertaires nous attribuent donc une ligne ~e conduite que nous avons été les premiers à notifier au monde. Mais plusieurs questions se posent : Avons-nous déserté la doc- ..._ trine, telle qu'elle a été posée par Karl Marx et Engels? Marx a écrit (Misère de la Philosophie) : « Ce n'est que dans un ordre de choses où il n'y aura plus de classes et d'antagonismes de classes que les révolutions sociales cesseront d'être des révolutions poli!iques. Engels précise cette pensée : « Le temps des coups de main, des révolutions conduites par une petite minorité consciente, est passé. » Enfin Labriola, dont l'orthodoxie ne saurait être soupçonnée, est allé jusqu'à dire (en mémoire du Manifeste):·« Devant le perfectionnement des armes et des autres moyens de .défense, la tactique des émeutes est de_venue inopportune. » --- Est-il vrai d'autre· part que seuls les derniers congrès nationaux et internationaux aient préconisé l'action électorale, la propagande
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