La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE gros volume, que nos adversaires conservateurs ne se font pas faute d'exploiter contre nous, et qui porte ce titre plein de sens : Le socialis111e e11 danger. - Pour le tribun hollandais, le modérantisme de certains leaders du socialisme international constitue un péril menaçant, et la démocratie grandissante est prête à être submergée par ceux mêmes qui prétendent la guider et qGi ne sont plus que des renégats. - cc La social-démocratie se montre de plus en plus mesurée, sage, pratique, diplomatique, jusqu'à ce qu'elle s'anemie et devienne pâle au point de ne pas se reconnaître. » - Cc possibilisme ne saurait être trop flétri. Domcla réserve, au surplus, toute son indignation pour les chefs du socialisme allemand qu'il considere comme <les rétrogrades. Bebel et Liebknecht « ne sont plus que de tristes tèmoignagcs d'insexualitè entre \'t1ll111aret \\'ildberger ». Ils sont en désaccord avec Marx et Engels dont ils sacrifient la pensée. En somme, le socialisme n'a que faire de la propagande politique, qui constitue une abdication. Ce sont les libertaires qui sauYeront la doctrine par la ré\'olutiou violente. - Il est exact que sur toute la surface du globe, notre parti prèconis1.: l'action politique; qu'il voudrait, dans la mesure du possible, la substituer :'t l'agitation révolutionnaire et aux coups de force. Il est exact que dans tous ks pays où nous sommes formés, organisés en groupements compacts, nous essayons de profiter des libertés conquises et d'user des moyens légaux :'t notre port<'.:cpour sen·ir la diffusion de nos doctrines. Il est exact que les nôtres ne négligent aucun effort pour d<'.:poss<'.:dlear bourgeoisie de la direction des affaires nationales et communales et saisir la puissance publique. Nous reconnaissons, nous proclamons hautement cette tendance universelle du socialisme. Nous aurions rnau,·aise grke :'t la nier, puisqu'elle se traduit par des faits précis, et que i toutes les élections, en France, en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Autriche, en Hollande, nos amis ont pos<'.:de multiples candidatures, avec des chances de succes sans cesse croissantes. Cette évolution, si évolution il y a, - et nous examinerons tout à l'heure ce point, les publicistes et les orateurs du parti socialiste l'ont avouée, - et dans les termes les plus explicites. Au Congrès de Paris, en 1889, Liebknecht affirmait qu'il fallait avant tout s'atteler aux réformes immédiatement réalisables. Au Congr<'.:sd'Erfurt, il qualifiait la violence de facteur réactionnai"re, tout en reconnaissant sa nécessité dans certains cas très limités. En son article d~ la Revue Socialiste : A propos du manifeste du parti commu11isle, Vandervelde écrivait : « Toute la politique de la democratie sociale démontre qu'elle ne croit plus, comme en 1848, à l'imminence d'une révolution sociale>>. Il ajoutait que le socialisme aYait subi une cc mue»

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