La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

DE QUELQUES POINTS DE DOCTRINE publics. Il est piquant de trouver la même remarque, qui prend, scion les occurrences, l'allure d'un reproche déguisé ou d'un grief violent, sous la plume ct'écrivains d'ailleurs très opposés d'origines et de tendances. • Dans la Revuepolitiqueel parlementaire d'octobre I 896, Bourdeau écrit cette phrase dont des commentaires abondants éclairent assez l'esprit : cc Est admis dans le giron de l'église marxiste quiconqûe est révolutionnaire dans le but collectiYiste qu'il poursuit, mais il lui est interdit d'être uniquement révolutionnaire dans les moyens qu'il emploie jusqu'à la conquête définitive des pouvoirs publics. » En octobre 1898, M. d'Eichtal publiait dans le mème périodiq~e un article intitulé : Le socialismeélectoral. Ce titre seul n'est-il pas • suggestif, et ne trahit-il pas le mépris que l'auteur professe pour notre propagande pacifique? Mais écoutons-le : - . cc Le socialisme se présente aujourd'hui, avant tout, comme une puissance électorale, visant la· conquêtf, par le bulletin de vote, du Parlement et des influences politiques et sociales qui en dépendent, non pour transformer le monde suivant un idéal élevé et désintéressé, mais pour s'emparer tout d'abord, au profit de ses clients, de ce que, . sous son organis•ation actuelle, le monde offre dejà d'avantageux. » M. d'Eichthal çonclut - et tout l'article a été écrit en vµe de cette assertion : le parti socialiste déserte la doctrine. Donc, dans les milieux conservateurs bourgeois, on signale notre action politique et légale comme l'.111 abandon de tous les principes, comme un h0nteux compromis de conscience qu'on ne saurait trop stigmatiser. On aimerait mieux, paraît-il, nous voir descendre dans la rue, et nous entendre, sans ;-eliche, prêcher l'insurrection à main armée. Les libertaires et les -anarchistes sont encore moins indulgents pour ce qu'ils qualifient defection et trahison. Élisée Reclus, dans une préface à un ouvrage de Domela Nieuwenhuis, que nous allons citer, résumait sous cette forme ses griefs contre nous : cc On utilisera les paroles qu'on a prononcées en les détournant de leur sens vrai ... Marx déclare que le pouvoir économique déter- • mine la forme politique des sociét~s, et l'on affirme mJintenant en son nom que le pouvoir économique dépendra d'une majorité de parti dans les assemblées politiques ... Il proclame que l'État doit s'abolir lui-même, car l'essence du mal git dans l'existence même de l'État, et l'on ·se met directement à son ombre pour conquérir et diriger l'État. » Cette même thèse, Domela Nieuwenhuis l'a développée ep un \ --

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