DE QUELQUES POINTS DE DOCTRJ:-;t 681 Le leader belge a écrit cette phrase : « Tout le monde est d'accord pour abandonner la prétendue loi d'airain des salaires. » (A proposdu mm,ifestedu parti communiste. - Revue Socialiste, 15 mars 1898.) Le publiciste hollandais s'est exprimé en termes bien plus significatifs encore: « La loi d'airain n'est plus que du vieux fer. » (Arrière les dogmes ! --'- RevueSocialiste, 15 octobre 1898.) . Il eût été surprenant que ces allégations de citoyens autorisés de notre parti ne fussent pas reprises par les écrivains réactionnaires qui se sont donné la tâche mensuelle ou trimestrielle de nous pourfendre. Dans un article ,publié ce mois-ci par la Gra11dReevue (Le Socialisme • en 1898), M. Faguet émet cette opinion: « La loi est à peu prés uniYersellement abandonnée par les socialistes. » Est-il exact que nous entendions tous reléguer au musée des antiques ce principe économique longtemps tenu pour incontestable? Certes nous deYons faire cas de l'avis d'écrivains aussi compétents et aussi loyaux que Vandervelde et Van Kôl..Mais leurs assertions portent un tel coup à la dialectique collectiviste, la négation de la loi d'airain est si grosse de conséquences, que nous ne saurions nous résoudre à y acquiescer sans examen. La loi d'airain a-t-elle été présentée comme une formule roide, résumant les faits économiques à un moment précis de l'histoire, et destinée à crouler presque aussitôt devant les réalités mêmes ? Ou au contraire est-elle assez souple, assez compréhensive pÔur résister au temps et s'adapter à l'évolution? Tout le probléme est là. Ceux qui ne se sont pas bornés à contester purement et simplement l'axiome/ mais qui ont donné leurs raisons, ont allégué' contre lui la diversité des salaires en un même lieu et dans les différentes localités ou contrées, et l'accroissement de ces salaires à traYers le siécle. Or, rien n'est moins fondé qu'une pareille argumentation. La loi ne prét~nd pas que la rémunération de l'ouvrier doive être part.out identique et toujours uniforme: elle explique tout au rebours, et sans difficulté, les variations dans l'espace et dans le temps. Revenons au libellé premier et ounon3 les écrits de Lassalle: « Le salaire, dit-il, oscille à la limite de ce qui est strictement nécessaire à l'ouvrier pour vine' et se reproduire, sans pouvoir ni s'élever sensiblement au-dessus, ni descendre sensiblement au-dessous.» Si• Lassalle a indiqué les termes, les bornes, entre lesquels se balance le prix du travail, il s'est bien gardé d'ajouter que ces termes étaient immuables. Mais Marx va encore préciser la doctrine, et des quelques lignes que nous allon~ reproduire, nous déduirons facilement une défense èontre les adversaires de la loi d'airain. ' _« En comparant le taux de salaire chez différentes nations, il faut tout d'abord tenir compte des circonstances dont dépend chez chacune
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