LA REVUE SOCIALISTE et cherché par les individus des diYcrscs especes. De ce point de nie, citons quelques faits qui nous paraissent aYoir leur importance. Les moules (De Lanessan, Trnnformis111e) forment parfois aYecles crabes une association étroite qui. a les aYantages suivants : •1a moule fournit au crabe un abri; clic reçoit en échange les débris d'aliments qui tombent des pinces de son hôte mieux arme qu'elle pour l'attaque. Par exemple, la grande moule qui distille les perles fines, loge deux ou trois cspeces de petits crabes, a côté d'un commensal plus robuste, Yoisin du homyrd. (Rawton, op. cil., p. 124.) De même les opalins se logent dans le rectum de la grenouille, de quelques autres batraciens, d'annélides, et se nourrissent des immondices qui affluent dans ces cloaques (p. 128129). Un siluroïde du Brcsil, habile pêcheur, grâce ù ses nombreux barbillons, hcbergc dans la caYitc de sa bouche une plciadc de petits poissons qui prélcYe11tun tribut sur les bouchées qui passent deYant leur museau. Gros poisson et menu fretin s'entendent au mieux. Pour faire si parfait ménage, il faut qu'il y ait, de part et d'autre, échange de bons proccdés et de scn·iccs rendus. On Yoit cc que gagnent les petits a l'association. Peut-être que le siluroïdc y gagne d'aYoir sa bouche tenue en ctat de proprctc (p. 120-122). Certains pucerons, les -claYigcrs, secrctcnt un liquide sucre recherché des fourmis: ces dernicrcs non seulement ne font aucun mal a leurs nourriciers, mais même prennent soin d'eux et les nourrissent pendant une partie de l'annce en les transportant sur les plantes fayorables ,\ leur alimentation. Des coléopteres blancs, raconte M. Espinas, viYc11tdans les fourmilliercs sans soulcYer aucun tumulte. On ne sait pas quel intérêt ils ont:\. Yi\Te en compagnie des fourmis, mais ils en ont assurément un; quant aux fourmis, il est certain qu'elles en ont un aussi, car clics sont, on ne l'ignore pas, impitoyables pour les intrus qui pénctrent dans leur domicile. Certains oiseaux forment avec les bœufs, les chcYaux, les éléphants sauvages une société, dans laqu~lle les uns et les autres trouvent leur profit: les oiseaux se nourrissent soit des graines non digérées contenues dans les déjections des mammifcres qu'ils fréquentent soit des parasites qui councnt leur peau, et en revanche ils leur rendent le serYicc de jouer le rôle de sentinelles toujours en éveil et de les prévenir des moindres dangers. Par exemple, un oiseau, le commandeur, se perche en vedette sur le mufle des bœufs mexicains, et appréhende au passage le moustique qui cherche :\.s'introduire dans les fosses nasales du ruminant. Un autre oiseau remplit la charge de cure-dents aupres du crocodile. (Rawton, op. cil., p. 122, 149.) Les faits de domestication animale ont dans la thèse que nous soutenons une signification plus haute que les cas précédents. Il n'y a pas sans doute .\l'origine entente bilatérale, puisque la domestication est un effet de la concurrence. Le vainqueur impose au vaincu la .,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==