L'ACCORD POUR LA \ïE DA~S LES SOCIÉTÉS A~IMALES 677 champs et les jardins? Après l'envoi d'éclaireurs chargés de rassurer la troupe, ils forment, dit Brehm (cité par Girod, op. cit., p. 74), « une chaîne qui s'étend depuis le verger jusqu'à la montagne voisine, et, tandis que ceux qui sont dans l'enclos cueillent ks fruits, ceux de la chaîne se les passent de l'un à l'autre jusqu'au lieu du rendez-vous. Pour éviter la vengeance du propriétaire, ils ont soin de placer des sentinelles qui, au moindre bruit, jettent un cri d'a\"ertissement; alors tout fuit, tout disparaît». Même solidarité acceptée dans les bandes de cercopithèques, de semnopithéques, d'ateles, de sajous, de sakis, etc. Les anthropoïdes, gibbons, chimpanzés, orangs et gorilles, les plus Yoisins de l'homme par leur organisation et leurs mœurs, sont aussi ceux des animaux qui témoignent le plus d'une solidarité Youlue. On a pu comparer leurs associations, particulièrement celle des chimpanzés, à celles des peuplades nègres. L'attachement qui unit les individus les uns aux autres est remarquable, et les forts sont toujours prêts à s'exposer ou à se sacrifier pour sauver les faibles. Sans doute aux divers degrés de la série zoologique les instincts égoïstes menacent, surtout dans la période des amours, les sociétés animales de destruction; mais, outre que leur pouYoir de désorganisation s'amoindrit singulièrement à mesure qu'on s'éleve dans l'échelle, ces instincts n'infirment pas notre conclusion, parce qu'ils sont la négation même de l'idée de société. Jusqu'ici nous n'avons parlé que des sociétés formées entre individus de la même espèce. Y a-t-il lieu d'admettre une catégorie de sociétés entre individus d'espèces différentes, par analogie avec les associations internationales dans l'humanité ? On a constaté que des individus appartenant à des espèces animales différentes, quel que soit le degré de force ou de faiblesse des uns et des autres, peuYent se rendre de mutuels services. S'il wffit, pour que la société existe, d'un échange de services plus ou moi_ns imposés ou consentis entre individus qui ont intérêt à vine en commun, parce qu'ils trouvent à cette association des avantages réciproques, il y a bien entre les espèces animales comme des ébauches de sociétés de cette nature. Le parasitisme a-t-il, comme le croit M. Van Beneden, le caractère d'une utilité réciproque qui nous autoriserait à considérer le fait comme un mode de société? En tous cas, c'est un mode d'association imposé par le parasite à son hôte et plus souvent nuisible qu'utile à l'exploité. Les remarques sur lesquelles M. Van Beneden fonde son opinion sont spécieuses, même à l'adresse du parasite, puisqu'il est souvent victime de ses déprédations. La plùpart des,-cas de commensalisme sont des aspects de la concurrence vitale. (Espinas, op. cit., p. 168-170.) Quelques-uns pourtant semblent indiquer que cette vie en commun a un intérêt'compris \ / ,
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