LA REVUE SOCIALISTE nos procédés hostiles, elles envoyaient un éclaireur, puis plusieurs; ceux-ci examinaient tout, cherchaient s'il n'y avait plus rien de suspect, revenaient vers la communauté, qui n'avait pas toujours pleine -confiance ; alors d'autres contrôleurs étaient envoyés pour contrôler leurs rapports; puis enfin la bande arrivait. (Brchm, cité par Espinas, p. 486.) Le fait de s'exposer à tour de rôle au danger d'explorer les enYirons qu'on ne croit pas sûrs n'implique-t-il pas chez les membres de la peuplade une certaine conscience de la solidarité des intérêts exigeant consentement à la réciprocité des serYices? Le nid du républicain social, construit à frais communs et comptant parfois plus de frais cents cellules où viYent en paix plus de six cents oiseaux, n'est-il pas un autre exemple merveilleux de cet accord consenti? Mais chez les oiseaux, l'association permanente est encore rudimentaire, car il semble qu'il n'y a que temporairement action commune pour chercher la nourriture ou conjurer un danger pressant. C'est chez les mammifères que nous trouvons des peuplades organisées en YUC de réaliser à l'état permanent les conditions les plus fayorables à la sécurité collectiYe. Jetons un coup d'œil sur ces peuplades. cc Les marmottes se gardent au moyen de sentif1ellcs et confient cc soin aux mâles ; les chiens des prairies font de même et vivent en étroites relations les uns aYec les autres; les lapins de garenne montrent des habitudes analogues; les castors construisent en commun des digues étonnantes. i> (Espinas, op. cil., p. -1-92-493.)Chez les chcYaux sauvages de la haute Asie ou tarp.ans, cc chaque troupe, dit Brehm (cité par Girod, op. cil., p. 67-68), se subdivise en petites familles, a la tête de chacune d'elles se trouve un étalon ... Un des étalons est le chef de la bande : il veille à sa sécurité, mais, en retour, il exige l'obéissance ... Dès que le troupeau aperçoit un objet qui ne lui est pas familier, le chef renifle, remue les oreilles, court la tête haute; s'il flaire quelque danger, il hennit bruyamment, et toute la bande s'enfuit au galop, les juments en avant, les étalons fermant la marche et protégeant la retraite. Souvent les juments disparaissent comme par enchantement : elles se sont cachées dans un bas-fond et attendent les éYéncments. ii On constate des faits analogues dans les troupeaux de rennes, de bisons d'Europe, etc. Ne nous révèlent-ils pas l'influence manifeste et croissante de l'accord pour vivre intervenu entre les volantes? Mais les sociétés de singes et d'anthropoïdes sont celles où le concours des membres qui se reconnaissent solidaires les uns des autres met le plus en lumière l'union des volontés consentantes. Tous coopèrent à l'ceune commune, dans la mesure du rôle qui leur est confié, mais tous aussi se sont laissé imposer et ont en définitive accepté de régler tous leurs mouvements sur ceux du Yieux mâle qui commande et conduit la peuplade. Les cynocéphales hamadryas sont toujours réunis en grand nombre. Dévastent-ils les
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