L'ACCORD POCR LA VIE DA~S LES SOCIÉTl~S ANIMALES 673 intérêt ressenti dans bien des cas est la satisfaction des besoins sympathiques -que les relations sociales seront entretenues; et qu'_çnsuitc le point de dép~rt du mouYemcnt social ne se trouYcra Jans aucun organe special aflccté ù l'une ou i l'autre <les fonctions biologiques essentielles. Les sociétés ainsi constituées formeront donc, en dépit des transitions nécessaires, un ordre nouYeau qui se superposera aux ordres inférieurs, puisqu'il les embrassera en les dépassant. Il aura pour caractércs propres de pouYoir se prêter à des combinaisons en quelque sorte indéfinies, puisqu'aucune particularité organique ne lui imposera une structure determinee, et d'être susceptible d'accroissements trés étendus, puisqu'il aura pour bornes, en cc sens non la capacité du corps maternel, mais la faculté de represcntation <le l'cspecc, très largement pcrfcctibk. » En d'autres termes, l'action de l'intelligence a une importance de plus en plus grande dans la formation des sociétés, quelles que soient les autres causes qui puissent en detcrminer la naissance. La nécessité de cette correspondance cérébrale et psychologique n'implique-t-elle pas une sorte de délibération préalable su1,ïe d'une entente réfléchie, d'une coopération dont les conditions ont été comme débattues et rnlontairement acceptées? Les plus élevées de ces societes semblent bien présenter ce caractere. Mais leur apparition est précédée dans la série animale par une multitude de groupements analogues, accidentels, transitoires, le plus souvent in,·olontaires, dus soit i l'action simultanée des forces physiques sur les organismes simples, direction des courants, abondance des aliments, etc., soit aux hasards de la naissance succcssiYc ou simultanée gui réunissent dans un même Jieu un nombre considerablc d'individus, soit à un besoin ressenti, etc. Telles sont les nuées de papillons Yancsscs, les migrations des criquets, les bandes de saumons, de harengs, d'esturgeons, de sardines, de morues, etc. - Dans cc genre <le reunions, surtout dans celles qui sont formees par des animaux primitiYement séparés, puis associés par la recherche commune d'une commune utilité, l'accord, 1s'il se réalise, est imposé, a l'origine, par des nécessités extérieures, en admettant qu'il paraisse en certains cas, chez les acridiens par exemple, ulterieuremcnt consenti, en raison de l'intelligence qui emble ordonner les mouvements de l'armée déYastatrice en marche. On a constaté en effet (Nature, année 1873, p. 230) que, « lorsque les acridiens dévastateurs Yont entreprendre leurs funestes pérégrinations, ils passent quelques jours à se préparer; puis, comme à un signal donné, précédée de quelques essaims d'avant-garde, une immense armée prend son essor et se dirige vers les régions cultivées ». Mais déjà, parmi les poissons, « les dauphins conducteurs vivent en troupes nombreuses, sous le commandement d'un chef obéi aveuglément. Les pêcheurs norvégiens, qui connaissent cette habitude de la discipline, la mettent
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