668 LA REVUE SOCIALISTE I I L'étude des sociétés animales, aussi bien que celle des sociétés humaines, nous permet de constater que le progrès <le l'accord a lieu dans le sens d'une coopération de plus en plus consentié. Pour les animaux, la loi se n'.:rifieen passant des cspéc<.:sinférieures aux espèces supérieures de la série zoologique. Comme ces espèces n'ont pas d'histoire, ou plutôt comme cette histoire est pour nous kttrc morte, la synthèse a de cc fait un caractère sériaire plutôt qu'historique. Mais si les cspcccs sont issues les unes des autres au cours d'une éYolution séculaire, notre synthèse aura ceci <l'historique, que l'holution <le l'accord pour la Yie dans les sociétés animales sera parallèle a la succession des esp<':ccs issues des protozoaires oü s'est manifestée au sein <les occans la Yie originelle. On peut distinguer d'abord à l'analyse des faits deux grandes classes de sociétés par rapport aux indiYidus qui les composent. Les unes ne contiennent que des indiYidus de la même espèce, depuis les sociétés d'anthropoïdes jusqu'aux colonies des protozoaires, et pour cette raison pcu,·cnt être appelées homogènes. Les autres sont formées par des indiYidus d'espèces différentes, mutualistes, commensaux ou parasites, et sont nommées hétérogènes. (\'. Girod, Les Sociétés cbez les a11i111a11x.) Si nous considérons les premières, clics nous apparaissent subdi- ,·isibles en trois sous-classes corrélatiYes des trois espèces de fonctions ,·itales, fonctions de nutrition, de rcprod uction, de relation. Les sociétés oü la fonction exercée en commun est une fonction de nutrition sont des sociétés que M. Espinas (Les Sociétésa11i11ia/es) qualifie primitiYes ou natiYcs. Celles oü la fonction de reproduction (et a fortiori la Yie de relation) sert de lien entre les indiYidus sont désignées sous les titres de consécutiYcs, d'adYcnticcs, d'électiYes, « en raison du choix qui interYicnt nécessairement a quclquc degré dans leur formation ». Cette classification est d'ailleurs conforme a l'éYolution des fonctions Yitalcs et à l'holution du progrès social dans l'animalité, oü la mutualité des serYices s'élèYc du concours physiologique imposé par une sorte de lien mécanique au concours psychologique plus ou moins consciemment consenti dans les unions contractées, de l'association conjugale ù la peuplade. Il est à remarquer d'autre part que la concurrence diminue graduellement, plus ardente, plus terrible chez les espèces inférieures, oü elle atteint son paroxysme dans le monde des infusoires, moins brutale et moins sauvage entre les indiYidus des espèces supérieures. I
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==