I 1.'ACCORD POl.iR LA \"JE DANS LES SOCIÉTl~S A'.':IMALES 665 ver une justification quelconque a n'importe quel groupement, et toutes les constitutions ont pour but, comme l'histoire le prouvera, de régler, avec. une part plus ou moins grande laissée a la libre initiative des unités sociales, la conduite de ces unités dans un groupe donné, en vue d'établir une action commune, au point de vue politique, économique, religieux, moral et juridique. On peut le dire même des sociétés partielles, politiques ou autres, destructives des sociétés plus vastes, au sein des~elles elles se sont formées. On peut le dire aussi des lois restrictives de la liberté naturelle; dans la pensée avouée, sinon secrète, de leurs auteurs, ces lois sont destinées a garantir la paix commune. Quant aux luttes incessantes entre sociétés et entre membres ou groupes d'une société donnée, elles ne contredisent pas le principe, car elles sont la négation même de la société, ou du moins de la forme de société qu'elles tendent à désorganiser. Si elles sont antisociales à un moment donné de l'évolution, cela ne veut pas dire qu'elles le soient absolument et qu'elles ne soient pas parfois légitimes. Elles sont la protestation d'un idéal social contre une réalité qu'on juge mauvaise. En conséquence, nous pouvons écrire avec Léon Metchnikoff: « La coopération, voilà la caractéristique principale de la vie sociale. Si, dans le domaine biologique, les êtres plus ou moins individualisés, de la cellule·à l'homme, luttent pour l'existence ou pour quelque but égoïste et personnel, sur le terrain sociologique au contraire, ils unissent leurs efforts en vue d'un intêrêt commun. Peu nous importe si, en réalité, la coopération apparaît souvent comme une conséquence nécessaire et logique de la lutte pour l'existence; l'essentiel est que, en même temps, elle sort tout aussi distincte du principe darwinien que l'est la concurrence vitale de la loi plus générale de l'attraction universelle. Qu'une ligue soit offensive ou défensive, les clauses de l'alliance n'en restent pas moins différentes des règles du combat. » (La civilisatio1e1t les grandsfleuves histo1"iques, p. I 5.) Il y a plus. Les règles du combat suivent et ne précèdent pas les clauses de l'aJliance. De même, si la lutte pour la vie arme les sociétés les unes contre les autres et provoque des conflits au sein. d'une même société, il ne suit pas que la coalition pour mieux soutenir l'existence ne soit pas la loi dominante de toute société et que la paix universelle ne soit pas le but idéal que les sociétes tendent à réaliser et dont elles se rapprochent sans cesse, malgré les apparences contraires. Quel est le fondement de la coopération sociale ? Est-ce ce contrat spécial et étroit, plus ou moins explicitement consenti à l'origine entre individus que rapprochait l'instinct qui pousse les sexes l'un vers l'autre? De cette union serait sortie la famille, première forme de l'organisation sociale et base des sociétés futures composées de familles
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