La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

CCLTURE I);TELLECTUELLE DU PROLÉTARIAT BERu;,,:01s 663 même art1st1que. Ils montrent fréquemment aussi un sens cxtraordinai rem en t développé pour les abstractions théoriques, dëvan t lesg LJcllcs le bon bourgeois s'arrête, étonné et incapable de suivre. Quant ù l'organisation de grandes fêtes et de représentations artistiques, !'École veut désormais y renoncer entièrement. Seul l'anniversaire de la fondation doit être célébre, et célébré dignement. C'est ainsi que la.dernière fête de l'anniversaire,en janvier 1898, fut l'occasion d'un discours solennel de Robert Schweichel, l'ami de Liebknecht, romancier et nou\·elliste connu, ainsi que de déclamations artistiques et de chants de rnix isolées. Souvent le dimanche le Conseil prepare de grandes réunions avec des conférences instructiYes suivies de danse. Ces réunions sont très fréquentées. - Le programme de !'École pour l'année 1898-99, qui a commencé le IO octobre, contient essentiellement les m0mes objets d'étude que celui de l'année prêc<'.:dente. Certains maitres sont nouveaux. L'histoire est enseignée cette année par !'écrivain Paul Kampffmeier, historien de la civilisation distingué ; la legislatio11 est enseignée par un avocat, et l'économie politique par le deputé Max Schippel. Tous les indices annoncent que )'École d'Mucation ounicre de Berlin est au commencement d'un nouvel essor. Les clubs de lecture et de discussion ont surv<'.:cu à sa fondation, ils ne sont pas dissous; ils continuent à agir paisiblement à côté d'elle, chacun poursuiYant à sa façon l'œuvre de developpement intellectuel et moral si courageusement entreprise par le prolétariat allemand. WILLY WAŒ (Berlin) (r). Documentinédit traduit par Edgar Mi/baud. - (1) L'auteur de cet article a été le témoin du mouYement qu'il décrit. li a vu naitre la plupart des sociétés dont il parle (club c Vieille Tante », société « Darwin », Théàtre libre du Peuple, Ecole d'éducation ouvrière). Son expérience personnelle remonte à la fin de l'année 1888 : il était alors ouvrier relieur et aYait dix-huit ans et demi. Depuis, il a été attaché à la rédaction du Vorwaerls comme reporter chargé de faire des comptes rendus de réunions publiques. Il y a déjà sept ans qu'il suit ainsi très n:gulièrement les réunions; la documentation est de ce· fait très étendue. Il l'a d'ailleurs complétée en se renseignant auprès d'un grand nombre de personnc_s. Sur la question des théâtres libres du peuple il s'est longuement entretenu avec Willy Boclsd1e ; il s'est instruit de l'état actuel de l'Ecole d'éducation ouvrière auprès du premier président Müeke. - E. M.

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