CCLTlJRE INTELLECTUELLE DU PROLÉTARIAT BERLl:'\O1S 649 tête de la Fédération, - la Prusse. La censure des théCitres se pratique encore en Allemagne tout à fait sans façon. En Prusse, d'aprés la jurisprudence du plus haut Tribunal Administratif, elle s'appuie, comme tout le pouvoir de la police, sur le§ ro, Partie II, Titre 17 du Droit Commun, où il est dit : « Prendre les dispositions nécessaires au maintien du repos, de la sûreté et de l'ordre public et à la préservation contre tout danger menaçant le public ou quelques-uns de ses membres, est la fonction de la police. >) Et comment est quelquefois exercée la censure, quoique la constitution prussienne, dans son article 27, accorde à tout Prussien le droit d'exprimer libre111ensto11 opi11ion ! La police de Berlin ne voulut pas laisser représenter publiquement des œuvres comme Fa11tô111es, d'Ibsen, et P11issa11cdees Té11èbres, de Tolstoï. D'un autre côté, les directeurs de théâtres, eux aussi, se montraient peu favorables à la production dramatique moderne. Un groupe d'écrivains berlinois fondérent en 1889 le « Théâtre Libre ». La société avait pour but de faire exécuter, devant ses membres, dans un théâtre sérieux, par des artistes de talent, des pièces modernes, et, d'une manière générale, de favoriser le nouvel art dramatique. On créa une « société fermée » dont les représentations, d'après la législation, n'étaient pas soumises à la censure de la police. Mais les cotisations étaient si élevées que seuls des gens riches pouvaient en être membres. On débuta, en octobre 1889, par les Fantômes, d'Ibsen; ensuite vint Ava11t le lever du soleil, de Gerhart Hauptmann, et, plus tard, entr'autres, la P11issa11dces Ténèbres. Les membres des clubs ouvriers mentionnés plus haut ((<Vieille Tante>) - «Lessing» - « H. Heine», etc.) s'intéressaient ardemment a tout ce que les journaux et quelques revues littéraires publiaient sur les représentations du<( Thét1tre Libre». Dans la « Vieille Tante» on s'abonna particulièrement à la revue qui venait de naitre : Freie Biilmefiir 111oder11Leesben (Théàtre libre pour la vie moderne). D'ailleurs, nombre d'autres ouvriers, engagés dans le mouvement socialiste, s'intéressaient vivement à la littérature moderne et, par suite, a cette revue. Dans la « Vieille Tante >) l'intérêt était si grand, qu'au commencement de 1890 on envoya au docteur Bruno \,Ville un sculpteur, Schleupner, et l'auteur du present article (alors relieur), avec la mission de le prier de faire que le club pût, comme club, devenir membre du (<Théâtre Libre)>. On voulait envoyer à chaque représentation un sociétaire, de sorte que chacun y allf1t a son tour. Wille déclara que cela était impossible, mais annonça aux délégués qu'il rechercherait les moyens de donner satisfaction aux__goûts d'un public sans fortune.épris d'art moderne. En mars de la même année, ce fut encore Wille qui, dans un appel publié par le Berliner Volksblatt, - prenait l'in~ative de la fondation d'un « Theàtre libre du Peuple >)et
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