CULTURE INTELLECTUELLE DU PROLÉTARIAT BEHU:--<OJS 645 visite dans les musées publics de Berlin. L'artiste débutant y fut leur guide. Dans la séance suivante, discussion générale sur l'art plastique. Puis de nouveau on lut, en se partageant les rôles, tel drame de Schiller, par exem pie Do;tCarlos; on discuta sur les profondes sagesses de Faust de Gœthe; on s'occupa de la premiere œuvre dramatique de Gerhardt Hauptmanri, Avant le leverdu soleil. L'enlretien dont cette piece fut l'objet se changea en un très vif débat. Aussitôt deux directions se manifesterent : celle des classiques -; et celle des modernes. Ici se refléta alors en petit la lutte menée au dehors dans les feuilles littéraires, les associations d'artistes et la presse quotidienne, avec cette seule différence que ces ouvriers rejetaient entièrement comme· plate la superficielle littérature de salons, les bouffonneries de lieutenants et la pièce dite pièce populaire, dont les auteurs spéculent sur les ressources lacrymales de tendres philistins de la bière et de vieilles filles sentimentales. - Parmi les drames lus il faut mentionner encore le Nora d'lbsen. - La pièce offrit maticre à débats sur la question féministe, qui rencontrait toujours une attention spéciale dans les milieux ouvriers éclairés. Au club« Vieille Tante>> tous se déclarèrent delibérément partisans d'une éducation qui préparerait la femme à l'indépendance et ferait d'elle l'égale de l'homme, dans la mesure où cette égalité est physiquement et socialement concevable. Des divergences d'opinions n'apparurent que sur la question du comment et sur ce qui était présentement possible. De 1888 à 1890, d'_autres clubs de Berlin déployèrent une activité analogue, sans se tenir tous, assurément, à un niveau aussi élevé. Les clubs «Lessing ii et «Heinrich Heineii égalèrent la<<Vieille Tante ii. Ils se distinguaient d'elle en ce qu'ils organisaient parfois des conférences et des lectures publiques. La «Vieille Tante i>alimentait aussi ses causeries en ·envoyant à l'occasion, aux frais du club, autant que ses faibles ressources y suffisaient, ttn camarade au théâtre ou dans un établissement scientifique populaire, comme l'obserntoire « Urania >i. Le camarade devait ensuite, en séance, faire un rapport sur ce qu'il aYait vu et entendu. Comme complément, on faisai_tdes lectures de livres d'un caractère populaire. La plupart du temps la discussion conduisa_it à ce résultat, que la société socialiste serait seule en état d'ouvrir un libre essor à toutes les sciences et à tous les arts et de créer pour tous les hommes la possibilité de prendre part a la civilisation, les uns en collaborant à l'œuvre civilisatrice, les autres en jouissant de ses fruits. On ne se perdit donc _pas dans l'unique pensée de la culture de son propre moi; bien au contraire l'ardeur à s'aider soi-même et à aider les autres au point de vue économique et au point de vue politique hlt considérablement accrue par ces larges aspii:'àtions. La preuve en est déjù dans ce fait que la plupart des membres de la« Vieille Tante >iqui, depuis long-
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