L'ÉGLISE ET LE TRAYAIL qu'il avait en main tout pouvoir pour agir. Le moins q11e l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas accéléré la décadence. 2° Il y a e!J renaissance aprés les invasions dites barbares, le pape en convient lui-même, comme nous le verrons bientôt. Or, aucun autre élément nouveau n'a été introduit dans la socictc'.: occidentale. Il y a donc fortement lieu de présumer que le principe de la régénération a été l'élément barbare. IV Mais ne nous bornons pas à des hypothéses, interrogeons les faits et soumettons-les à une critique judicieuse et impartiale. Et d'abord, Tacite a-t-il été bien renseigné sur tous les détails des mœurs et coutumes des Germains? Avait-il une idée exacte du travail, pour leur en attribuer l'aversion? Tout indique que les Germains traYaillaient « à leur maniére » et que le mépris du travail que leur suppose l'historien romain se rapporte au travail « a la romaine », au travail esclave. Nous pourrions _d'ailleurs mettre Tacite en contradiction avec lui-même sur ce poï'nt; mais contentons-nous d'interroger d'autres historiens mieux renseignés sur les mœurs des Barbares qui ont envahi l'empire r<>mainet sur la manière dont ils se sont comportés dans leur invasion. Voici d'abord le portrait des Francs, - nos « décÏ\•ilisateurs », si l'on en croit l'Église et !'École, - tracé par l'historien grec Agathias: « Les Francs, dit-il, me semblent extrêmement polis .... Parmi les excellentes qualités qui rendent cette nation recommandable, j'admire surtout le soin qu'ils ont de conserver entre eux la paix et la justice. Quoique dans le siécle passé et dans le nôtre, leur royaume ait été partagé plusieurs fois entre trois princes, ou même entre plus de trois, ils ne se sont jamais souillés d'aucune guerre civile, et ils n'ont point appris à tremper leurs mains dans le sang de leurs citoyens. Partout ou il y a deux grandes puissances à peu prés égales, il y a aussi de la jalousie, <le l'ambition, du désir de commander et d'autres passions turbulentes et furieuses, qui remplissent le monde <le confusion et <le désordre. Cependant il n'a.rrive rien de semblable parmi ces peuples. Quand il naît quelques différends entre deux princes, ils s'assemblent tous comme pour le décider par les armes, et lorsque les deux armées sont en présence, ils mettent bas toute sorte d'inimitié, rentrent en bonne intelligence et obligent leurs chefs ou à régler leurs querelles par les lois, ou, au moins, a courir seuls le hasard du com-
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