La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE L'ÉGLISE ET LE TRAVAIL La ferYeur démocratique s'accentue de plus en plus parmi les catholiques. Depuis longtemps déja, sentant qt,e le peuple leur cchappait, des laïques et des prêtres d'abord, des évêques ensuite, ont pris en main - un peu tardivement, semblc-t-il, - la cause des travailleurs. Le pape même a fini - encore plus tardivement - par se mettre de la partie, d'abord dans son Encyclique sur la condition des ouvriers et, plus récemment, dans un Catéchismesocial composé, paraît-il, depuis longtemps, mais publié seulement le r?r janvier 1898 dans la RevuedesRevues. Nous ne trouvons pas mauvais que les catholiques, clercs et laïcs, se mèlent de la question sociale, loin de la : il y a dans ce champ du travail pour toutes les bonnes volontés. Nous regretterions plutôt que le clergé, qui se pose en directeur des âmes, des consciences, <lesintelligences, ait laissé passer dix-huit siccles sans se préoccuper de la condition des travailleurs, autrement que pour se liguer contre eux aYec l'État, les Seigneurs et les Bourgeois. Mais « vaut mieux tard que jamais », et, puisque l'Église nous offre son concours, ne le repoussons pas a priori. Nous demandons seulement que la Yérité ne soit trahie ni par les catholiques, ni par les autres; c'est la une condition essentiellement requise si l'on veut arriver a une solution satisfaisante. Or, il nous semble que ledit Calécbismesocial n'est pas l'image exacte et fidèle de la vérité historique; c'est pourquoi nous voulons essayer de la rétablir dans son intégrité. Résumons <l'abord les principales assertions du chef de la catholicité relativement au travail : « Jadis, et aujourd'hui encore, dit Léon XIII, le travail fut et reste un objet de mépris partout ou le christianisme n'étend pas son bienfaisant empire. Aristote l'appelait c< illibéral », et Platon lui-même le gratifiait aussi de ce terme. L'ouvrier, que l'Église entoura toujours

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