5H LA REVUE SOCIALISTE avaient appelé le prêtre - et le prêtre les dépouille. Ils ont vu le haut commandement de l'armée dominé, enYahi, par la faction qui prend le mot d'ordre à Rome, les administrations civiles peuplées des créatures des associations catholiques, le principe républicain même menacé, la société ramenée Yers cette dictature cléricale qui précède les autres dictatures. Nombre de bourgeois antisocialistes ont senti confusément que 185 I se reformait insensiblement autour d'eux. Ils préfcrent la domination de leur classe à celle d'un souverain, au pouYoir collectif du Gesu. Le mouvement anticlérical s'est reconstitué, s'affirme. A nous de le diriger. La partie est assez belle et l'enjeu est digne de nos efforts. * * * La troisième République, apres l'écrasement de la faction catholique au 16 Mai, a entamé la lutte contre les sociétcs religieuses et instauré les lois de laïcisation ; ù peine votées, ces lois ont été partiellement désertées; il faut les faire revivre; mais une application même vigoureuse des textes qui ont été promulgués de 1880 à 1886 apparaît insuffisante : il faut frapper :\ la racine même du mal. Pour arracher la jeunesse aux suggestions cléricales, d'autres ressources, d'autres mesures sont indispensables. Les deux armes que le parti républicain s'est forgées au temps de Ferry et de Paul Bert ont éte presque totalement abandonnées. Les célèbres décrets de mars 1880 n'ont cté qu'une dérision; chassés de quelques établissements, les jésuites sont revenus plus nombreux, plus ambitieux que jamais. Depuis quelques années, ils n'o'nt même plus conçu la nécessité de se cacher. Les cabinets opportuno-reactionnaires qui nous ont gouvernés et dont le ministère Casimir-Périer d'abord, le ministère Méline ensuite, ont été les plus criminels, leur ont laissé k champ libre. Les disciples de Loyola se sont réinstallés aujourd'hui dans quarante-huit départements, et dans telle grande ville, d'après les informations les plus récentes, ils compteraient jusqu'à huit résidences. La loi de 1886, qui prescrit la laïcisation des écoles publiques, a été oubliée par tous nos ministres successifs. En moyenne on a opéré par année de 150 à 240 laïcisations. Comme il reste encore dans nos écoles plus de 8,000 emplois aux mains des congréganistes, il faudrait attendre, si le mouYemcnt n'est pas précipité, environ quarante ans avant l'exclusion intégrale de l'élément ecclésiastique. Comment expliquer le retard apporté à l'exécution d'une volonté pourtant exprimée très haut par le pays? Les considérations budgétaires ont été souvent alléguées; il nous semble qu'elles ne sont pas de mise,
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