A PROPOS DE LA LOI FALLOUX 53 l la loi de 1850 pour la capacité des instituteurs et institutrices, le stage et la lettre_d'obédience. La loi du 28 mars 1882 a établi l'instruction primaire obligatoire; elle a abrogé la loi de 1850 sur deux autres points, l'inscription de l'enseignement religieux au programme, l'admission des ministres des cultes a surveiller et a diriger l'éducation. • La loi du 30 octobre 1886 contient deux articles qui mcritent d'être particulièrement signalés; l'article 17 : « Dans les écoles publiques de tout ordre, l'enseignement est confié exclusivement a un personnel laïque»; l'article 18: « Aucune nomination nouYelle soit d'instituteur, soit d'institutrice congréganiste ne sera faite dans les départements ou fonctionnera depuis quatre ans une école normale. Pour les écoles de garçons, la laïcisation devra être corn piète au boutde cinq ans.>> Telle est, très succinctement exposée, l'œuvre législative de la troisième République en matière d'enseignement. Plus loin nous l'apprécierons; nous nous· demanderons quelle application a été faite de ces lois successives, quel complément il importe de leur donner, quels vestiges considérables ou restreints ont subsisté du texte organique de 1850, quel système doit prévaloir en un pays profondément travaillé par le cléricalisme et disputé par une redoutable puissance - à la fois temporelle et spirituelle - à l'esprit républicain. Considérons d'abord les résultats acquis; mesurons par des chiffres empn1ntés aux statistiques officielles; les effectifs scolaires de l'État et de l'Église. Car il y a la deux armées en présence, et le nombre brutal a sa valeur. * * * Dans l'ordre primaire, en 1897, les écoles publiques laïques comprennent 3,768,000 élèves, contre 1,634,000 aux écoles congréganistes. Encore ne faut-il pas attacher à cette classification une importance absolue. On peut estimer au tiers la proportion des enfants que le clergé a conservés. • Dans l'ordre secondaire, les établissements publics ont 84,000 élèves en 1897, au lieu de 85,ooo en 1896; les établissements congréganistes ont 84,000 élèves en 1897, au lieu de 80,000 en 1896. Il y a donc égalité, mais c'est au profit de l'Église qu'elle s'est établie, car celle-ci gagne tandis que l'État perd. En 1896, l'Universite aYait 47,37 °/odes jeunes gens de l'enseignement secondaire; en 1897 elle tombe à 46,56 °/o. D'une année a l'autre sa rivale a passé de 46,02 a 46,41 °/o (1). (1) Le reliquat de 6 a 7 °lo est constitué par les élèves des établissements libre5 laïques.
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