La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

.. A PROPOS DE LA LOI FALLOUX ait entendus. Interrompu à maintes reprises par les vociférations de la droite, d'autant plus attaqué par la faction monarchiste qu'il avait marqué dans ses ra\lgs, il fut ce jour-là la voix du parti républicain. Il admettait, dit-il, la liberté de l'enseignement, mais sous la surveillance de l'État, et il considérait que l'État ne peut être que laïque. - Or, le projet Falloux n'offre aucun des caractéres qui pourraient le rendre acceptable : « Votre proposition est pire qu'une loi politique, c'est une loi stratégique; elle est une pensée d'asservissement qui prend les allures de la liberté. » - Quel don le cléricalisme a-t-il laissé à l'humanité ? Qu'a-t-il fait de l'Italie, de l'Espagne! - « Je repousse votre loi, s'écria Victor Hugo dans une péroraison de haute envolée, parce qu'elle confisque l'enseignement primaire, parce qu'elle dégrade l'enseignement secondaire, parce qu'elle abaisse le niveau de la science, pârce qu'elle diminue mon pays.» Il ne convient pas de s'arrêter au discours du catholique Poujoulat, qui vint admirer l'œuvre d'éducation de la Papauté dans la Péninsule, et qui cita le Voyagedu jeune A11acbnrsis. PascalDuprat rentra dans la question en déclarant qu'il était pour la thése de la liberté. Mais il était hostile à une soi-disant transaction, qui aboutissait au monopole des congrégations. Montalembert nous donne sans ambages et sans fard la vraie pensée du parti catholique. Il motive la loi, comme Be~1gnot en son rapport, par ses considérant•s politiques, et il secoue le fantôme de la révolution sociale devant une assemblée déjà trop prête à toutes les répressions. A des arguments faciles, dans un tel milieu et à une telle époque, il ajoute d'ailleurs la finesse du parlementaire consommé. Il salue dans le projet Falloux un compromis entre les institutions du passé et les prétentions du parti catholique. La loi est un traité de paix avec l'enseignement officiel. - Son objectif suprême est l'écrasement des sectes rouges.-« Sous la Restauration, le monopole de l'éducation publique a fait ce que l'on appelait en ce temps-là des libéraux; sous le· régime de Juillet, il a fait des républicains, et sous la République, il fait des socialistes» ... - « Nous avons été envoyés ici· en majorité pour combattre le socialisme, pour combattre l'esprit révolutionnaire .... Le reméde, nous croyons vous l'apporter, au moins en partie, aujourd'hui. Ce reméde consiste à rendre l'éducation religieuse au pays.» - - Nos révolutions sortent toutes d'une éducation contre nature. - On a tué le sentiment du respect de l'autorité, de l'autorité de Dieu d'abord. - « Nous voulons éclairer et épurer la raison.» - Qui défend l'ordre? Est-ce l'instituteur? Non, c'est le curé. C'est le clergé enseignant, qui est le boulevard et la sauvegarde de la société.·_ Il n'y a pas de milieu entre le socialisme et le catéchisme ... C'est celui-ci

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